RDC : « Qu’il le veuille ou pas, il devra partir », Fayulu lance un avertissement ferme à Tshisekedi contre un troisième mandat

L'opposant Martin Fayulu en conférence de presse à Kinshasa. Ph. Tiers.

À 48 heures de la conférence de presse annoncée du président Félix Tshisekedi, l’opposant Martin Fayulu est monté au créneau ce vendredi 8 mai 2026 à Kinshasa. Le leader de la coalition Lamuka accuse le chef de l’État d’instrumentaliser la guerre dans l’Est du pays pour se maintenir au pouvoir.

D’entrée de jeu, Martin Fayulu a affirmé avoir convié la presse pour dénoncer ce qu’il qualifie de coup d’État en préparation à travers le projet de révision constitutionnelle. S’appuyant sur ce qu’il présente comme la volonté populaire, il estime que, « qu’il le veuille ou pas », le président Tshisekedi devra quitter le pouvoir en 2028.

« Qu’il le veuille ou pas, il devra partir. La seule volonté de Tshisekedi, c’est de demeurer au pouvoir. Pourquoi faire ? On ne sait pas. Nous allons mobiliser le peuple pour barrer la route à Monsieur Tshisekedi pour un troisième mandat », a-t-il déclaré.

Le numéro un de Lamuka promet de s’opposer à toute tentative de troisième mandat, évoquant un précédent similaire sous Joseph Kabila. Il prévient également qu’en cas de refus de quitter le pouvoir, il mobilisera la population comme par le passé.

Concernant la proposition de référendum visant à modifier la Constitution, Martin Fayulu se montre particulièrement ferme. Il menace de traduire en justice l’initiateur de cette démarche et appelle les députés à rejeter le texte.

« Nous ne pouvons pas accepter que la Constitution soit réduite à une simple formalité. C’est pourquoi nous demandons aux députés de retirer purement et simplement les articles 87 à 90 de cette proposition de loi référendaire. Nous allons barrer la route à tout projet de troisième mandat de Monsieur Félix Tshisekedi, comme nous l’avons fait hier pour Monsieur Joseph Kabila », a-t-il insisté.

Dans la foulée, l’opposant a également critiqué certaines déclarations récentes du chef de l’État, estimant que ce dernier devrait aller au-delà des excuses évoquées pour « l’escarmouche ». Il considère que Félix Tshisekedi devrait aussi s’excuser pour « avoir volé les élections de 2018 ».

Sur la question du dialogue social, Martin Fayulu affirme avoir contribué à encourager une rencontre entre le président de la République et les évêques, dans l’objectif de favoriser un consensus national. Il regrette toutefois que les engagements pris à cette occasion n’aient pas été respectés.

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique tendu, marqué par les débats autour de la révision constitutionnelle et la situation sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC.

Jean-Claude Mbafumoja

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