Assassinats des conducteurs de moto-taxi à Oicha : l’autorité municipale appelle les taximen à ne pas se laisser manipuler !

La colère est toujours palpable chez les conducteurs de moto-taxi suite à l’assassinat de leur collègue, survenu le lundi dernier. Ce mercredi 28 mai 2025, ils ont été voir l’autorité municipale pour exiger la prise en charge de toutes les dépenses liées au deuil.

Ce mercredi, la tension était encore à son comble chez les conducteurs de moto-taxi. La colère était perceptible lors d’un rassemblement des taximen et des responsables des lavages à Oicha, regroupés dans une structure au bureau de l’AMOTALAPE. Ces taximen ont ensuite pris la direction du bureau de la commune d’Oicha. Ils étaient environ une vingtaine et se sont fait accompagner par des membres de la société civile d’Oicha pour exiger la prise en charge de toutes les dépenses liées au deuil.

Une fois dans le bureau de l’autorité, le débat a pris une autre tournure. Bien qu’ils soient venus pour discuter des exigences liées au deuil, les conducteurs de moto-taxi n’ont pas tardé à déplorer ce qu’ils perçoivent comme une incapacité des autorités locales à sécuriser les habitants.

Ils ont également souligné que depuis l’assassinat d’un autre taximan il y a plus d’un mois, non loin du bureau de la commune, les autorités demeurent silencieuses. Ces dénonciations ont été soutenues par la société civile, dont les représentants ont rappelé les cas de kidnapping, meurtre et mutilation d’enfants qui n’ont jusqu’ici trouvé aucune solution. D’entrée de jeu, Kavira Mwenge Eugénie, bourgmestre de la commune d’Oicha, a appelé les taximen au calme et à ne pas se laisser manipuler par ceux qui veulent s’opposer à elle.

Elle a exprimé son inquiétude face aux demandes des taximen concernant sa démission. Une courte phrase qui a suscité des réactions immédiates parmi les taximen et la société civile : « Si nous vous avons demandé de démissionner, cette décision est venue de nous-mêmes », a répliqué la plateforme des conducteurs de moto-taxi.

Elle s’est également inquiétée du fait que, en moins de deux mois, deux taximen ont été assassinés sans qu’aucune mesure ne soit prise pour arrêter les coupables. « La sécurité est l’affaire de tous », a réagi encore Kavira Mwenge Eugénie. La société civile a, quant à elle, invité l’autorité à bannir les propos selon lesquels elle serait combattue. Après une longue discussion, le bureau de la commune a enfin décidé de débloquer 500 dollars pour aider la famille touchée.

Selon nos sources, l’inhumation aura lieu ce jeudi 29 mai à Butembo. Toute la journée ce mercredi, le transport en commun est resté timide sur l’ensemble de la commune d’Oicha. Les taximen s’engagent à ne plus payer les taxes de l’État jusqu’à nouvel ordre, une façon pour eux d’interpeler les autorités.

Comme depuis l’assassinat du jeune conducteur nommé Sage Kasereka Mayani, des éléments de la police sont déployés dans les points chauds de la commune jusqu’à ce mercredi.

Jean-Claude Mbafumoja

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