Massacres à Beni : le CPDH salue la résilience de la population meurtrie depuis 12 ans

La résilience de la population de la région de Beni constitue une grande arme pour vaincre les ennemis de la paix. C’est par cette affirmation que le Centre pour la promotion des droits humains (CPDH) salue cette résilience à l’occasion du 12ᵉ anniversaire du début des massacres de civils dans la région de Beni. Son coordonnateur, qui s’est exprimé ce vendredi 2 octobre, appelle les familles des victimes à faire enregistrer les décès à l’état civil. Selon lui, ces documents pourront contribuer à la documentation des violences et servir un jour à la justice.

Le Centre pour la promotion des droits humains (CPDH) revient sur la situation que traverse la population de la région de Beni depuis 2014. Son coordonnateur, Janvier Katsurana, pense que cette situation a déjà appauvri la population. Malgré les difficultés imposées par les attaques attribuées aux ADF depuis 12 ans, il salue la résilience des habitants de la région.

« Des femmes ont été majoritairement tuées, certaines femmes sont toujours violées, des enfants et même des populations qui sont incendiées sont la cible des attaques des rebelles, des ADF, mais malgré cela, la population continue à être résiliente parce qu’elle a compris que l’ennemi a tendance à vouloir les déloger de leur milieu naturel ; elle n’a pas accepté d’abandonner ses habitations. Cette population essaie de se surpasser et de résister », a-t-il démontré.

Pour le CPDH, cette résilience doit également s’accompagner d’un travail de documentation afin de permettre aux victimes d’obtenir justice devant les instances nationales et internationales.

Janvier Katsurana appelle l’État congolais à documenter les exactions commises contre les civils dans la région de Beni. Il demande également aux familles des victimes de faciliter ce travail en déclarant les décès auprès de l’état civil.

« Les crimes de guerre ou les crimes contre l’humanité sont des crimes imprescriptibles, c’est-à-dire que les personnes qui ont été victimes de ces affres… Un jour, il y aura un tribunal pour pouvoir condamner ces personnes qui sont en train de malmener la population. Cela nécessite que l’on ait des éléments qui vont appuyer l’argumentaire afin de bénéficier des indemnisations si l’on a été victime de ces attaques. Ces indemnisations nécessiteront que la population victime ait des preuves. Ce ne sont pas seulement les tombes qui sont des preuves, mais également l’acte de décès délivré par l’officier de l’état civil », a-t-il déclaré.

Pour rappel, le 2 octobre marque le début des massacres de civils dans la région de Beni en 2014. Cette date rappelle notamment les premières victimes enregistrées à Mukoko, dans la ville d’Oïcha.

Wynnie Lusenge

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