Beni : après la naissance de triplés, une mère déplacée appelle à l’aide

Une affiche de Madame Masika Jismine, mère de triplés, prise en photo en train de bercer ses enfants. Ph. Radio Moto Oicha

Une mère déplacée de guerre sollicite une assistance urgente après avoir donné naissance à des triplés au centre de santé Liva, à Mai-Moya, en territoire de Beni. Déjà mère de trois enfants, elle affirme ne plus être en mesure de subvenir seule aux besoins de ses nouveau-nés. La mère et le personnel soignant alertent sur la nécessité d’un appui rapide pour assurer leur prise en charge.

Un reportage de Laetitia Vusara :

Lundi 15 juin, Masika Jismine, âgée de 30 ans, a accouché par voie basse au centre de santé Liva, mettant au monde une fille et deux garçons. Originaire du territoire de Beni, elle s’était déplacée vers la province de l’Ituri avant de revenir à Mai-Moya, après avoir fui les attaques attribuées aux rebelles ADF dans l’Ituri.

À la naissance, la mère et les trois bébés ont été pris en charge par le personnel du centre de santé Liva, avant d’être transférés à l’hôpital général de référence d’Oicha pour une surveillance en néonatologie.

Après quelques jours de suivi jugé satisfaisant, la mère et ses nouveau-nés sont retournés à Mai-Moya pour poursuivre leur prise en charge. Cependant, à leur retour, la situation est devenue préoccupante. Masika Jismine indique avoir constaté une perte de poids chez deux de ses enfants.

Elle lance un appel aux autorités, aux organisations humanitaires ainsi qu’aux personnes de bonne volonté afin d’obtenir un soutien pour assurer la bonne croissance de ses enfants.

« Lorsque j’ai appris que j’avais donné naissance à des triplés, je me suis dit que seul Dieu connaissait son dessein et qu’il m’aiderait à les protéger. J’ai deux garçons et une fille. Je prends bien soin d’eux, mais mon lait maternel ne suffit pas à nourrir les trois. Ce qui m’inquiète le plus, c’est que deux de mes enfants perdent progressivement du poids. Cela me fait vraiment peur. Lorsque je n’ai plus assez de lait maternel, je suis obligée d’acheter du lait infantile. Malheureusement, une boîte coûte très cher et je n’ai pas les moyens d’en acheter régulièrement. En plus, une seule boîte ne dure qu’une semaine. Sans soutien et sans la grâce de Dieu, la vie de mes enfants est en danger. C’est pourquoi je lance un appel aux personnes de bonne volonté afin qu’elles nous viennent en aide », a-t-elle lancé.

Selon Mme Kavira, nutritionniste au centre de santé Liva, deux des bébés présentent effectivement une perte de poids. Elle insiste sur la nécessité d’un suivi nutritionnel strict et d’un approvisionnement régulier en lait infantile. Elle souligne également l’importance d’un suivi pédiatrique régulier afin de prévenir la malnutrition et d’éventuelles complications.

« Le lait maternel est insuffisant, en grande partie à cause de l’insécurité alimentaire que traverse actuellement la maman dans ce contexte de guerre. Nous constatons également une diminution du poids des nourrissons, ce qui suscite de vives inquiétudes quant au risque de malnutrition et à l’échec de leur prise en charge. Si leur état de santé ne s’améliore pas, nous serons contraints de les référer à l’hôpital général de référence d’Oicha pour une prise en charge plus spécialisée. C’est dans ce contexte que nous lançons un appel à toutes les personnes de bonne volonté afin d’apporter une aide urgente à ces enfants et à leur mère », a-t-elle expliqué.

Le centre de santé Liva identifie plusieurs besoins urgents, notamment du lait pour nourrissons, des vivres de première nécessité, des vêtements, des couvertures, des produits d’hygiène ainsi qu’un appui financier pour la prise en charge médicale.

Laetitia Vusara

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