Un forage d’eau réalisé dans la cellule Nduani, au quartier Pakanza, à Oicha, a été inauguré et remis officiellement à la population locale vendredi 13 février 2026. D’un coût global de 18 700 dollars américains, l’ouvrage a été entièrement financé par la communauté grâce aux contributions mensuelles des ménages. L’initiative, saluée par les autorités locales et les partenaires techniques, est présentée comme un exemple de développement endogène dans une zone marquée par l’insécurité.
C’est l’administrateur assistant du territoire de Beni qui a procédé à la coupure du ruban symbolique, en présence des autorités locales, des représentants de la société civile et de plusieurs organisations intervenant dans le secteur de l’eau.
Le président du conseil d’administration du Comité de Pilotage des actions Humanitaires-Oicha (COPI-RDC), Richard Kirimba, a retracé l’historique du projet. Il précise que ce forage, équipé d’un système photovoltaïque, est le fruit d’un mécanisme de contribution communautaire autour de l’eau mis en place depuis avril 2021. Selon lui, les 20 % prélevés sur les recettes des différents points d’eau existants permettront de constituer progressivement un fonds destiné à financer de nouvelles infrastructures hydrauliques en commune d’Oicha.
« Ce projet émane à 100 % de l’argent venu des ménages de la population d’Oicha. C’est un total de 18 700 dollars que nous avons planifié pour la réalisation de ce projet. C’est un processus qui date d’avril 2021, où il a été décidé que lorsque la population contribue par ménage et par mois, 20 % de l’argent soit gardé dans l’objectif de construire d’autres ouvrages. Et l’ouvrage de Nduani ici, c’est le premier de ce genre », a-t-il expliqué.
Dans son intervention, l’administrateur assistant du territoire de Beni, le colonel Kaloni Shalunga Marchel, a salué la détermination des habitants d’Oicha, qui ont réussi à concrétiser ce projet sur fonds propres malgré un contexte sécuritaire difficile marqué par l’activisme des rebelles ADF.
« Nous pouvons d’abord féliciter cette communauté qui s’est montrée vraiment résiliente. C’est une fierté pour la commune d’avoir un point d’eau réalisé par la communauté et qui va servir la communauté. Nous voulons que ce geste ne s’arrête pas seulement dans la cellule Nduani, mais qu’il puisse aussi s’étendre dans d’autres quartiers », a-t-il déclaré.

De son côté, le représentant d’Oxfam a qualifié l’initiative de modèle en matière de gouvernance communautaire de l’eau. « Vous êtes vraiment une référence du développement endogène, une référence en matière de gouvernance et de gestion efficace et durable de l’eau à base communautaire. Au Congo, je me permets de le dire, parce que nulle part ailleurs Oxfam, même si nous accompagnons et encadrons les communautés, n’a encore réalisé un ouvrage comme celui-ci. La communauté elle-même parvient à réaliser un ouvrage comme celui-ci. Nous vous félicitons », a-t-il souligné.
Pour les habitants de la cellule Nduani, ce forage répond à un besoin urgent. Plusieurs ménages éprouvaient d’énormes difficultés d’accès à l’eau potable. Une habitante rencontrée sur place exprime son soulagement : « Nous nous sentons à l’aise parce que la cellule Nduani n’avait pas de point d’eau. Cela a traîné et nous pensions que le projet ne se réaliserait jamais. Mais aujourd’hui, nous puisons et nous buvons de cette eau. Nous allons protéger ce point d’eau et respecter toutes les normes pour ne pas endommager cet ouvrage », a-t-elle indiqué.

La cérémonie s’est clôturée par la bénédiction du forage par le diacre Kambale Musongora Hervé de la paroisse Saint-Esprit d’Oicha. Le bourgmestre adjoint d’Oicha, d’autres autorités locales ainsi que des membres de la société civile ont également pris part à l’activité.
Sam KITHA D.