La situation sécuritaire continue de se détériorer dans la chefferie des Babila Babombi, en territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Selon l’Association pour la protection et la défense des enfants et femmes vulnérables (APDEF), au moins 103 civils ont été tués en l’espace de trois semaines dans différentes attaques attribuées aux rebelles ADF. Plus de vingt villages auraient été ciblés par ces incursions armées dans cette partie du sud de l’Ituri.
Dans un rapport publié ce vendredi 22 mai, l’APDEF-Mambasa parle d’une situation sécuritaire et humanitaire de plus en plus préoccupante dans plusieurs localités de la chefferie des Babila Babombi.
Son coordonnateur, Rams Malikidogo, affirme que les attaques ont également causé d’importants dégâts matériels. Plusieurs maisons, motos et autres biens de valeur ont été incendiés ou pillés lors des assauts attribués aux rebelles.
« Depuis que l’ennemi attaque les entités de la chefferie des Babila Babombi, au moins vingt agglomérations ont été touchées. Dans ces différentes attaques, nous avons perdu au moins cent trois personnes, douze motos incendiées et une vingtaine de maisons brûlées. Sans compter les personnes portées disparues. Les dégâts matériels sont énormes et il y a déjà un déplacement massif de la population », a déclaré Rams Malikidogo.
Selon cette organisation locale, les conséquences socio-économiques deviennent également alarmantes. Les activités scolaires restent perturbées dans plusieurs villages affectés, tandis que les activités commerciales tournent au ralenti dans plusieurs centres de la chefferie.
L’APDEF indique aussi que de nombreux habitants continuent de fuir les zones attaquées vers des localités jugées plus sécurisées, notamment Biakato, Makumo et certaines entités voisines du Nord-Kivu.
Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités militaires à renforcer les opérations contre les groupes armés afin de restaurer la sécurité dans cette partie de l’Ituri.
« Nous demandons aux autorités de poursuivre l’ennemi parce que la vie devient insupportable dans la chefferie. Il n’y a presque plus d’activités. Il est important que les forces de sécurité prennent des dispositions sérieuses pour traquer les assaillants afin que la population retrouve la paix », a plaidé Rams Malikidogo.
Ces nouvelles violences sont signalées malgré le déploiement des FARDC et des casques bleus de la MONUSCO engagés dans les opérations contre les groupes armés actifs dans cette partie de l’Ituri, notamment les rebelles ADF affiliés au groupe État islamique.
Laetitia Vusara