Beni : la criminalité s’aggrave, la jeunesse réclame la reprise des conseils de sécurité élargis

La criminalité urbaine prend une ampleur préoccupante dans la ville de Beni, au Nord-Kivu. Le Conseil urbain de la jeunesse fait état d’une dizaine de cas de meurtres, de fusillades et d’assassinats ciblés enregistrés en moins de deux mois, dont quatre personnes tuées en l’espace de 48 heures.

Selon Paulin Joël, vice-président du Conseil urbain de la jeunesse de Beni, ce bilan ne prend pas en compte les nombreux cas de vols à main armée et de vols simples signalés dans différents quartiers et communes de la ville. Parmi les facteurs favorisant cette situation, il cite notamment la circulation des armes. Il assure toutefois que la jeunesse participe à la prévention à travers la vigilance, la dénonciation et l’alerte.

« Nous avons toute une force. Nous avons plus de quatre conseils de sécurité dans notre chère ville de Beni, qui est un chef-lieu de la province. Et à notre niveau, on pense que cette sécurité est liée à plusieurs causes, notamment il y a la circulation libre des armes, il y a le mouvement de la population est contrôlé, il y a, il y a, il y a beaucoup de choses, monsieur le journaliste. À notre niveau, la jeunesse, on est en train de faire notre part. Avec la vigilance, on est en train de dénoncer, on est en train même d’alerter. Nous mettons en garde tous ceux qui vont collaborer sciemment avec ces ennemis. Parce que nous savons qu’ici, ils circulent librement dans la ville. Nous savons que les armes circulent partout. Et nous disons à la jeunesse que vous devez aller voir les services pour alerter lorsqu’il y a un cas suspect », recommande-t-il.

Au même moment, le Conseil urbain de la jeunesse déplore l’absence, depuis plusieurs mois selon son vice-président, des conseils urbains de sécurité élargis. Paulin Joël estime que ces cadres de concertation sont essentiels pour permettre aux jeunes de présenter leurs stratégies et de contribuer aux réponses sécuritaires.

« Nous voulons en tout cas que le gouvernement provincial, on veut que la mairie de Beni puisse aussi prendre ses responsabilités en main. Parce que si nous avons une stratégie, nous le faisons au travers les conseils urbains de sécurité élargis. Mais, monsieur le journaliste, ça vient de faire plus de deux mois, plus de deux mois, trois mois, quatre mois, que le conseil urbain élargi de la sécurité n’est plus une réalité à la ville de Beni. Comment on va contribuer, comment on va donner nos stratégies, comment on va s’exprimer ? Ça, c’est un problème. Alors que dans la Résolution 2250, il est dit que les jeunes doivent participer. On ne peut pas faire des choses sans que les jeunes y participent, parce qu’on est acteurs de paix, monsieur le journaliste. C’est pourquoi nous recommandons que le maire de la ville, dans la ville de Beni, organise, dirige les conseils urbains de sécurité élargis, où nous allons donner des stratégies, où nous allons donner des méthodes, où on va même donner ce qu’on est en train de préparer », dit-il.

Cette alerte intervient après plusieurs incidents meurtriers enregistrés récemment à Beni. Dans la nuit de mercredi à jeudi, une fusillade survenue à Butanuka, dans la commune de Beu, a fait trois morts, dont un couple, et deux blessés. Le lendemain, le corps sans vie d’un autre civil a été découvert.

Face à cette situation, le Conseil urbain de la jeunesse appelle les autorités à réactiver les conseils de sécurité élargis afin d’associer davantage les jeunes aux mécanismes de prévention et de lutte contre la criminalité urbaine.

Nganga Victor

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