Dans le cadre du projet « Jamii imara kwa ajili ya afya », une émission publique a été organisée ce vendredi 30 octobre 2026 à Oïcha. Elle a porté sur l’importance de se rendre à temps dans une structure sanitaire en cas de malaise, dans une zone où la maladie à virus Ebola constitue une préoccupation majeure pour les communautés. Organisée par le Collectif des radios et télévisions communautaires du Nord-Kivu (CORACON), cette activité a permis aux participants de poser leurs questions à des experts dépêchés par l’hôpital général de référence d’Oïcha.
La rencontre, tenue dans la salle Saint-Dominique de la paroisse Saint-Esprit d’Oïcha, a réuni des membres de la communauté, des leaders locaux, des acteurs communautaires ainsi qu’un médecin envoyé par l’hôpital général de référence d’Oïcha. L’objectif était de discuter des causes et des conséquences du retard dans le recours aux soins en cas de malaise, dans une zone touchée par Ebola, et de dégager des pistes de solution.
Dans son intervention, le docteur Maurice Mutsunga, du pilier surveillance en zone de santé d’Oïcha, a expliqué que, dans un contexte d’épidémie d’Ebola, tout retard dans la consultation d’une structure sanitaire peut avoir des conséquences graves, aussi bien pour le patient que pour ses proches. Il a insisté sur l’importance d’une prise en charge précoce, qui augmente les chances de survie et permet de limiter la transmission de la maladie au sein des familles et de la communauté.
Au cours des échanges, les participants ont soulevé plusieurs rumeurs et craintes qui circulent dans la communauté au sujet de la maladie à virus Ebola, des centres de traitement et des équipes de riposte. Certains ont notamment exprimé leur appréhension à se rendre dans les structures sanitaires, par peur d’être stigmatisés, isolés ou de ne pas recevoir des soins appropriés.
Le docteur Maurice Mutsunga, dépêché par la coordination zonale de la riposte, a répondu à ces préoccupations en rappelant que les structures sanitaires et les équipes de riposte travaillent pour protéger la population. Il a également démenti certaines fausses informations qui circulent dans la communauté, notamment celles qui présentent les centres de traitement Ebola comme des lieux dangereux ou qui découragent les habitants de s’y rendre.
Son intervention a été appuyée par Richard Kirimba, vice-président de la commission de communication des risques et engagement communautaire. Il a encouragé les participants à toujours rechercher des informations auprès de sources fiables afin d’éviter les manipulations et les rumeurs.
À l’issue des échanges, les participants ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité des informations reçues. Ils ont reconnu que l’émission leur avait permis de mieux comprendre l’importance de la prise en charge précoce et de dissiper certaines craintes liées à la maladie à virus Ebola.
Plusieurs participants ont ainsi pris l’engagement de devenir des relais de sensibilisation dans leurs communautés respectives. L’un d’eux a notamment insisté sur le respect des mesures barrières et l’importance de se rendre rapidement à l’hôpital en cas de maladie.
Un autre participant a salué les réponses apportées à leurs préoccupations. « Nous avons posé beaucoup de questions et les réponses ont été satisfaisantes », a-t-il déclaré.
D’autres participants ont également promis de sensibiliser leurs proches et de les encourager à ne pas négliger les signes de maladie. Ils se sont engagés à informer leurs communautés sur le virus Ebola et à promouvoir le recours rapide aux soins. « Je m’engage vraiment à sensibiliser ma communauté pour que nous chassions loin la maladie à virus Ebola. Il ne faut pas négliger la maladie, et si vous trouvez quelque chose qui ne va pas chez vous, il faut toujours se rendre à l’hôpital », a-t-il lancé.
Ce même vendredi, les membres du club des auditeurs de la Radio Moto ont également pris part à un club d’écoute organisé par CORACON dans les mêmes installations, autour des rumeurs. Ils ont, à leur tour, soulevé des questions et des rumeurs qui circulent dans la communauté. Leurs préoccupations ont reçu des réponses du médecin présent.
Les membres du club se sont également engagés à sensibiliser la communauté à travers différentes activités, notamment leur émission diffusée sur les antennes de Radio Moto Oïcha.
Le projet « Jamii imara kwa ajili ya afya » est mis en œuvre par un consortium de cinq organisations : Alert International, Concern, Viamo, CORACON et Mercy Corps, qui en assure le leadership, avec le financement du Fonds humanitaire en RDC. Il est exécuté au Nord-Kivu, dans la zone de santé d’Oïcha, ainsi qu’en Ituri, dans les zones de santé de Rwampara et de Mongwalu.
Laetitia Vusara