La condamnation de l’opposant Augustin Matata Ponyo suscite de vives réactions au sein de l’opposition congolaise et de son entourage. Plusieurs figures de l’opposition dénoncent une politisation de la justice visant à faire taire les adversaires politiques de Félix Tshisekedi. De leur côté, les avocats de l’ancien Premier ministre congolais parlent d’un jugement inique et injuste rendu par la Cour constitutionnelle.
Malgré ses immunités parlementaires, le député national Augustin Matata Ponyo n’a pas échappé au verdict de la Cour constitutionnelle. L’ancien Premier ministre sous le règne de Joseph Kabila est accusé d’avoir participé au détournement de fonds en validant des paiements surfacturés et des travaux non exécutés. Dans son arrêt, la Cour a, sans surprise, ordonné la confiscation des biens de Matata Ponyo et de ses deux co-accusés au prorata des sommes détournées.
Il devra également purger une peine de 10 ans. En réaction, les avocats de l’ancien Premier ministre dénoncent un jugement qu’ils qualifient de spectaculaire et, surtout, inique, c’est-à-dire profondément injuste. Maître Laurent Onyemba s’insurge contre un procès qu’il décrit comme étant maquillé et politisé.
Ce sentiment est partagé par plusieurs leaders de l’opposition, qui montent au créneau contre la justice congolaise. Ils accusent la Cour constitutionnelle d’avoir sciemment violé les dispositions légales. Olivier Kamitatu, cadre du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, parle d’un déni de justice.
Il reproche à la Cour de se plier aux volontés d’un régime qu’il qualifie d’autoritaire, s’éloignant ainsi de son rôle de garant de la justice et des droits fondamentaux. Par ailleurs, il convient de noter que Matata Ponyo est toujours un homme libre. Cependant, le parquet général près la Cour pourrait, dans un avenir proche, délivrer un mandat d’arrêt contre lui.
Sera-t-il défendu par l’Assemblée nationale qui avait déjà contesté la procédure devant la Cour constitutionnelle concernant les immunités parlementaires de l’accusé ? Seul le temps répondra à cette question.
Jean-Claude Mbafumoja