Dialogue national : l’opposition dénonce un monologue, la majorité défend le processus et accuse les opposants de chercher des postes

Félix Tshisekedi, Joseph Kabila, Martin Fayulu, Moise Katumbi et Jean-Pierre Bemba. Ph. Tiers.

Le bras de fer entre l’opposition et la majorité se poursuit autour du processus du dialogue national lancé par le président de la République. Les opposants continuent de rejeter le cadre proposé pour ce dialogue et estiment que le processus n’est pas suffisamment inclusif. Ils soupçonnent également le régime actuel de préparer un espace pour changer la Constitution. Du côté de la majorité présidentielle, l’on accuse l’opposition de chercher des postes politiques par le dialogue. Elle estime que l’intérêt de l’opposition au dialogue a changé après que le chef de l’État a écarté tout partage du pouvoir.

Le dialogue national continue de diviser la classe politique congolaise. Dans l’opposition, l’on rejette un processus qualifié de monologue. Sur TV5 Monde ce mardi, l’opposant Matata Ponyo critique le cadre proposé par le président Félix Tshisekedi et estime qu’il ne répond pas aux conditions d’un véritable dialogue.

« Mais ici, il ne s’agit pas d’un dialogue. Le président a configuré son monologue, c’est-à-dire qu’il veut échanger avec lui-même ou il veut échanger avec les membres de son parti. L’opposition est conviée à un dialogue sous un format républicain. Le dialogue suppose, un, qu’il est inclusif, c’est-à-dire qu’il n’exclut pas les gens. Tous les Congolais, comme tous les Africains, estiment qu’aujourd’hui, le Congo traverse l’un des moments les plus difficiles de son histoire », a-t-il démontré.

L’ancien Premier ministre congolais considère le dialogue proposé comme une démarche destinée à préparer un changement de la Constitution. Il appelle ainsi la population à se mobiliser le 15 septembre prochain contre ce qu’il qualifie de manœuvre du pouvoir en place.

« Le 15 septembre, nous attendons à ce que tout le peuple congolais puisse manifester effectivement son objection vis-à-vis de cette proposition du président Tshisekedi. En réalité, vous savez que le président veut changer la Constitution. C’est ça l’objectif », a-t-il déclaré.

Des accusations rejetées par la majorité présidentielle. Pour Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-président de l’Assemblée nationale, le boycott de l’opposition s’explique plutôt par le fait que le chef de l’État a écarté tout partage du pouvoir.

Ce cadre de l’UDPS, qui s’est confié à RFI, affirme que plusieurs responsables de l’opposition, qui avaient fait du partage du pouvoir l’un de leurs objectifs du dialogue, ont disparu.

« Et donc, nous pensons que ce n’est pas pour cela que l’opposition tente de boycotter le dialogue. Vous savez pourquoi l’opposition tente de boycotter le dialogue. Tous les leaders de l’opposition ont fait savoir que le dialogue avait pour finalité de partager le pouvoir et de leur permettre d’entrer dans les institutions. Du fait que le président Tshisekedi ait fermé cette porte les a refroidis. Donc, cette porte fermée a verrouillé le principal objectif que l’opposition suivait en réclamant le dialogue, c’était l’entrée dans les institutions. À partir du moment qu’on leur dit qu’il n’est pas question de partager le pouvoir au dialogue, il n’y a plus d’intérêt pour l’opposition », a-t-il déclaré.

Pour rappel, le chef de l’État avait lancé le processus du dialogue le 27 août dernier. Celui-ci devrait, selon lui, commencer par des consultations au niveau des provinces, avant les assises nationales à Kinshasa.

Sam Kitha D.

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