Ebola : Africa CDC alerte sur l’ampleur de l’épidémie et appelle à renforcer la surveillance

© Pablo Garrigos/MSF

L’organisation africaine chargée de la santé publique, Africa CDC, alerte sur l’ampleur de l’épidémie actuelle d’Ebola. Elle présente la souche Bundibugyo comme responsable de l’une des épidémies les plus étendues et les plus meurtrières d’Ebola au monde. Son directeur général, le docteur Jean Kaseya, affirme que la maladie n’est toujours pas sous contrôle. Il avertit qu’aucun pays n’est à l’abri et appelle les États africains à renforcer la surveillance sanitaire. Il annonce une réunion des ministres africains de la Santé le 28 octobre pour coordonner la riposte.

Dans une interview accordée à RFI jeudi 22 octobre, Jean Kaseya alerte sur l’extension de l’épidémie d’Ebola qui frappe la RDC et plusieurs pays africains. Il souligne que la maladie touche désormais trois régions du continent : l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est. En RDC, huit provinces sont concernées.

Le nombre de nouveaux cas et la circulation du virus au sein des communautés compliquent les efforts de riposte. Pour Jean Kaseya, l’épidémie reste sérieuse et n’est toujours pas sous contrôle.

« Ça montre que l’épidémie est sérieuse et quand nous avions déclaré l’épidémie le 15 mai, nous avions clairement dit que cette épidémie avait une morphologie régionale ou même continentale. Aujourd’hui, ça devient l’épidémie la plus étendue d’Ebola au monde puisque nous avons trois régions africaines qui sont touchées, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est. Vous savez qu’en RDC, on a maintenant huit provinces. Avec le nombre de cas qui restent autour de 65 à 70 dans la moyenne et surtout avec cette circulation ayant beaucoup de cas venant de la communauté, nous disons que l’épidémie est encore sérieuse et n’est pas encore sous contrôle », a déclaré le directeur général d’Africa CDC.

Face à cette menace, Jean Kaseya annonce une réunion des ministres africains de la Santé le 28 octobre. Cette rencontre doit permettre de discuter des mesures à prendre pour renforcer la coopération entre les pays et la surveillance sanitaire, notamment aux frontières et dans les structures de santé publiques et privées.

« C’est l’épidémie la plus meurtrière d’Ebola qu’on n’a jamais connue à travers le monde. J’appelle aussi à une grande réunion de tous les ministres africains de santé le 28 octobre pour que nous puissions discuter de ces activités transfrontalières et surtout savoir qu’aucun pays n’est à l’abri si on ne renforce pas la surveillance, non seulement à la frontière, mais aussi dans les structures privées et publiques », a-t-il ajouté.

Cette alerte intervient alors qu’un cas d’Ebola a été signalé au Nigeria chez une patiente en provenance d’Ouganda. Selon Jean Kaseya, elle n’était pas passée par la RDC avant son arrivée au Nigeria et n’a été diagnostiquée que seize jours après son arrivée. Ce délai soulève des inquiétudes sur le risque d’exposition d’autres personnes et renforce la nécessité d’une surveillance accrue pour limiter la propagation du virus.

Sam Kitha D

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