Alors que la République démocratique du Congo fait face à une résurgence de la maladie à virus Ebola, le gouvernement rwandais a annoncé la fermeture de ses frontières avec la RDC. Une décision jugée « infondée » par Kinshasa, qui évoque une violation du Règlement sanitaire international.
Lors d’un briefing de presse tenu le 19 mai 2026, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a dénoncé une attitude qu’il qualifie de preuve de « mauvaise foi » de la part du pays dirigé par Paul Kagame. Il estime que cette décision compromet les efforts de riposte sanitaire, notamment dans l’Est du pays où la situation sécuritaire reste préoccupante.
Le gouvernement congolais souligne que la gestion de l’épidémie exige coopération et coordination régionales. Or, selon lui, la fermeture unilatérale des frontières par le Rwanda ne favorise ni le suivi des cas ni l’appui au système de santé congolais, en particulier dans la ville de Goma où un cas positif a déjà été signalé.
« Il faut savoir que le virus est localisé et qu’il y a un travail en cours. C’est que le Rwanda ne peut pas en aucun cas fermer la frontière. C’est un nouveau signe d’ailleurs qui montre qu’en réalité les rwandais doivent quitter rapidement d’ailleurs notre sol parce que aujourd’hui, il est évident que s’il faut faire le traçage ou le suivi des cas là-bas, dans le Nord-Kivu, à Goma vous avez l’agresseur l’occupant qui ferme sa frontière », s’indigne-t-il.
Et d’ajouter : « Pensez-vous que celui qui ferme sa frontière peut se mobiliser particulièrement pour venir donner l’appui qu’il faut au système de santé en ces temps d’épidémie ? Je crois qu’avec des partenaires avec lesquels nous travaillons cette fermeture de frontière est un geste de mauvaise foi qui prouve à suffisance que la vie des Congolais ne vaut (pour le Rwanda). Et donc nous pensons que s’il faut qu’on a donne une riposte efficace au regard de cette épidémie pour les cas qui est à Goma. Il faut que les Rwandais quittent notre territoire et leur supplétifs d’ailleurs, comme ça nous serons plus à l’aise, plus à même le ministre de la Santé pourra aller sur place pour s’assurer de la qualité de la riposte que nous donnons parce qu’il faut rappeler ici que pour le président de la République : toutes les populations qui sont affectées par ce virus doivent bénéficier des l’encadrement qu’il faut en terme de soutien du gouvernement et même pour ceux qui sont dans les territoires sous occupation ».
Par ailleurs, Kinshasa estime que l’occupation de certaines zones de l’Est par des forces étrangères complique davantage la riposte contre Ebola, limitant l’accès des équipes sanitaires et la prise en charge efficace des populations affectées. Le gouvernement appelle ainsi au retrait des forces rwandaises du territoire congolais afin de permettre une réponse sanitaire coordonnée et efficace face à cette épidémie.
Jean-Claude Mbafumoja