Mambasa : une quarantaine de corps de civils tués par les ADF toujours non inhumés à l’ouest de Biakato

Une quarantaine de corps de civils tués lors d’attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) seraient toujours abandonnés dans plusieurs agglomérations du groupement Babila Teturi, à l’ouest de Biakato, dans la chefferie des Babila-Babombi, en territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri.

L’alerte est donnée par Kiba Mbida Josias, chef du village de Bandimboyo-Pakwa. Il affirme que plusieurs victimes attendent encore une inhumation, certaines depuis plusieurs jours. Selon lui, les autorités coutumières attendent l’autorisation et l’accompagnement des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) pour procéder à l’enterrement des corps dans des conditions sécurisées.

D’après ce responsable local, au moins 30 civils ont été tués le 2 août dans le bloc Pakwa. Leurs corps seraient toujours sur place. Le même jour, sept autres personnes auraient été tuées dans le bloc Pondo. Peu avant ces attaques, au moins dix civils membres d’une église auraient également été exécutés dans leur lieu de culte. Leurs corps n’auraient pas encore été évacués.

Le chef de village évoque également d’autres victimes dont les corps pourraient ne jamais être retrouvés, compte tenu de l’insécurité persistante dans la zone.

Face à cette situation, Kiba Mbida Josias appelle les habitants encore présents dans ces agglomérations à quitter temporairement la zone afin de permettre aux forces de défense et de sécurité de mener des opérations contre les ADF, qui continueraient de circuler dans la contrée.

Pendant ce temps, la ville de Biakato continue d’accueillir des familles déplacées fuyant les violences. Depuis plusieurs semaines, des centaines de personnes en provenance notamment de Pangoyi, TP, Mungu Iko, Byondo et Mingazi arrivent dans cette agglomération.

Ces déplacés rapportent des scènes similaires : des civils tués dans leurs villages d’origine et dont les corps restent parfois plusieurs jours sur les lieux des attaques, certains étant déjà dans un état de décomposition avancée.

La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs de ces agglomérations ne sont pas couvertes par les réseaux de télécommunication. Certaines familles déplacées affirment ainsi être dans l’impossibilité de joindre leurs proches restés dans les zones affectées par les violences.

À ce stade, les informations sur le nombre exact de victimes et les circonstances précises de ces différentes attaques restent difficiles à vérifier de manière indépendante, en raison notamment de l’insécurité et de l’absence de moyens de communication dans cette partie du territoire de Mambasa.

Trésor Kapepela Ben

LA UNE