Ebola : face à une souche sans vaccin ni traitement homologués, la Russie propose une piste étudiée par Africa CDC

Un homme reçoit un vaccin en RD Congo. Ph. Tiers.

Les laboratoires internationaux se mobilisent pour trouver un vaccin contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. La Russie affirme avoir développé un vaccin capable de protéger contre cette souche d’Ebola qui touche actuellement les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. De son côté, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, Africa CDC, reste prudent et examine encore l’efficacité de ce vaccin.

À ce jour, aucun vaccin ni traitement homologué n’existe contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. Mais plusieurs laboratoires travaillent pour développer des solutions, comme cela avait été le cas pour la souche Ebola-Zaïre. C’est notamment le cas de la Russie, qui affirme avoir développé un vaccin contre la souche actuellement en circulation dans l’Est de la RDC.

Selon RFI, le ministre russe de la Santé a adressé un message personnel à Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, pour l’informer que son pays disposait d’un vaccin capable de protéger contre le virus Ebola-Bundibugyo. D’après  cette source, ce vaccin a été développé par l’Institut de recherche Gamaleya à Moscou, un centre spécialisé en épidémiologie et microbiologie.

Toutefois, ce vaccin ne cible pas spécifiquement la souche Bundibugyo. Il s’agit d’un vaccin à vecteur viral, utilisant un virus modifié et inoffensif pour déclencher une réponse immunitaire dans l’organisme. Ce candidat vaccin avait été développé à la suite de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 et visait principalement la souche Ebola-Zaïre.

Face à cette annonce, Africa CDC reste prudent. L’organisation africaine de santé prévoit des réunions dans les prochains jours avec l’Institut Gamaleya afin de comprendre sur quelles bases scientifiques ce vaccin pourrait être efficace contre la souche Bundibugyo. Le directeur général de cette organisation, Jean Kaseya, affirme vouloir attendre des preuves scientifiques avant toute conclusion.

Par ailleurs, un autre candidat vaccin spécifiquement conçu contre la souche Bundibugyo est actuellement en développement. Selon notre source, le plus avancé pourrait être prêt pour des essais cliniques dans un délai de deux à trois mois. Concernant le traitement, le ministre congolais de la Santé a évoqué cette semaine une molécule développée aux États-Unis.

Le gouvernement congolais affirme avoir déjà introduit une demande officielle pour obtenir ce traitement expérimental. Toutefois, les autorités précisent que cette molécule devra d’abord être testée dans le cadre d’un essai clinique avant toute utilisation sur les malades.

Sam KD.

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