Épidémie d’Ebola : 513 cas suspects et 131 décès recensés, la maladie s’étend au Nord-Kivu

Une équipe médicale équipée de combinaisons de protection contre des maladies hautement contagieuses, notamment Ebola. Ph. Tiers.

Les cas suspects et les décès probables liés à la maladie à virus Ebola continuent d’augmenter en Ituri. Au moins 513 cas suspects et 131 décès ont déjà été signalés. Ces chiffres ont été communiqués ce mardi 19 mai 2026 par le ministre de la Santé, à l’issue d’une réunion d’urgence présidée par le chef de l’État. Il précise que l’épidémie s’est désormais étendue au Nord-Kivu avec des cas enregistrés à Goma et Butembo. Le ministre rassure toutefois sur le faible taux de mortalité de cette souche d’Ebola.

Selon le ministre de la Santé, l’épidémie d’Ebola touche actuellement les zones de santé de Mongwalu, Rwampara, Bunia et Nyakunde, dans la province de l’Ituri. Samuel Roger Kamba précise que la maladie s’est également propagée au Nord-Kivu avec des cas confirmés à Butembo et Goma.

Le ministre explique cette expansion rapide par le retard dans l’alerte communautaire. Selon lui, la population pensait avoir affaire à une maladie mystique, ce qui a retardé la prise en charge médicale des malades.

 « Au jour d’aujourd’hui, nous pouvons dire que l’épidémie touche en Ituri quatre zones de santé. À côté de ces quatre zones de santé de l’Ituri, nous avons Butembo et un cas à Goma. Voilà l’expansion de l’épidémie aujourd’hui. Et l’alerte, malheureusement, a traîné dans la communauté parce qu’il y avait une pensée selon laquelle c’était une maladie mystique. À cause de cela, les malades n’ont pas été amenés à l’hôpital, mais dans des traitements dits mystiques. Et cela a favorisé l’expansion de la maladie  », a-t-il déclaré.

À ce jour, le gouvernement affirme avoir recensé 513 cas suspects et 131 décès probables liés à cette épidémie.  « Dès lors qu’on déclare la maladie, on procède à une recherche de cas dans la communauté. Le premier chiffre que je peux donner en termes de décès est de 131 cas recensés. Ensuite, nous avons identifié environ 513 cas suspects présentant des symptômes compatibles avec la maladie », a-t-il précisé.

Malgré la hausse des chiffres, le ministre de la Santé tente de rassurer la population. Selon lui, la souche actuellement identifiée est moins létale que le virus Ebola-Zaïre déjà connu dans le pays lors des précédentes épidémies.

 « Quand vous regardez ces chiffres, vous constatez que nous faisons face à une épidémie d’Ebola, mais une épidémie moins létale que celle du virus Ebola-Zaïre que nous connaissons. Effectivement, Ebola-Bundibugyo est moins létal qu’Ebola-Zaïre, responsable de plusieurs épidémies dans notre pays », a rassuré le ministre de la santé.

Il faut signaler que cette souche d’Ebola ne dispose pas encore de vaccin ni de médicament homologué, selon les autorités sanitaires. Elles  insistent donc sur le respect strict des mesures barrières afin de limiter la propagation de la maladie.

Sam KD.

LA UNE