Ituri : des victimes des ADF toujours non enterrées, une journée de deuil décrétée ce lundi à Otomabere

Tués dans une attaque des rebelles de l’ADF il y a près d’une semaine à Irumu, les corps de nombreux civils ne sont toujours pas enterrés. En cause : l’accès difficile aux champs et aux brousses où ils ont été exécutés. Cette situation suscite colère et indignation au sein de la population. Par conséquent, la journée du lundi 2 février 2026 est décrétée journée de deuil à Bwanasura et environs, dans l’objectif de faire pression sur les autorités.

La mesure a été prise au cours d’une réunion d’urgence tenue à Bwanasura le vendredi 30 janvier 2026. En présence du conseil local de la jeunesse, les habitants ont constaté avec indignation le retard dans l’enterrement des civils tués il y a plus de cinq jours dans les brousses environnantes d’Otomabere. La jeunesse dénonce l’inaction des autorités et décrète ainsi la journée du lundi 2 février 2026 journée sans activité à Bwanasura et environs, appelant la population au respect strict de cette mesure.

« La population est indignée du fait que les corps de nos frères, dernièrement tués, ne sont toujours pas enterrés. La population est prête à les enterrer, malheureusement les corps sont piégés par des bombes. L’autre chose qui nous étonne est de voir un déplacé qui s’échappe des griffes rebelles et, une fois au centre, on lui demande encore de l’argent. Le lundi 2 février, c’est une journée de deuil à Bwanasura », a déclaré le vice-président de la jeunesse locale.

À Otomabere, Bwanasura et dans les villages environnants, des calicots sont déjà fixés, appelant au respect de cette journée de deuil.

Dans la lettre issue de leur réunion d’urgence, les habitants ont formulé plusieurs recommandations : l’enterrement immédiat et digne des corps qui gisent encore sur le sol ; l’accompagnement des civils par les services de sécurité pour la recherche d’éventuels corps traînant encore en brousse ; la levée immédiate des barrières illégales ou de tout poste de contrôle où les civils sont rançonnés ; ainsi que la fin de toute exploitation financière des victimes des atrocités rebelles.

Pour rappel, les rebelles ougandais de l’ADF ont tué au moins 25 civils dans une attaque ayant ciblé les villages Apakolu, Kivuko, Kintumbe et Pikamaibo le dimanche 25 janvier dernier. Deux jours plus tard, le mardi 27 janvier 2026, des civils se sont rendus sur place pour récupérer les corps et neuf corps ont été retirés de la brousse.

Selon la CRDH, plusieurs autres y sont restés car piégés par des bombes. Depuis, aucune action allant dans le sens de l’évacuation de ces corps pour l’enterrement n’a encore été menée, regrette la jeunesse de Bwanasura.

Jean-Claude Mbafumoja

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