Plus le monde évolue, plus les cultures changent. C’est ainsi que pour épouser une femme pygmée, il faut désormais verser entre 10 et 12 chèvres, surtout en territoire de Beni. Ce, contrairement aux années passées. Radio Moto Oicha s’est intéressée à ce sujet ce samedi 9 août 2025, alors journée internationale des peuples autochtones.
L’adaptation au monde actuel, c’est ce qui justifie ce changement chez le peuple pygmée. Au site de Luvangira, où ils sont cantonnés à Oicha, nous avons échangé avec Selemani Basina Defao, un jeune pygmée. Il se focalise fort dans les recherches sur le peuple autochtone pygmée. Il précise que dans le temps, la dot ne demandait pas trop dans leur communauté.
Il suffisait de faire l’échange entre sœurs. Quelques années après, il a fallut 5 poules pour épouser. Aujourd’hui, il faut désormais entre 10 et 12 chèvres.
“Dans le temps, on s’échangait des sœurs. Peu après, la dot s’est fixée à 5 poules. Aujourd’hui, tout a changé. L’homme Nande ou Pygmée, soit Pygmées entre-nous, pour épouser, il faut 12 chèvres puisque nous sommes tous égaux”, dit-il.
Miriam Telesi est une femme pygmée Mbuti. Pour être épousée, on l’a échangée avec sa belle sœur. Elle témoigne que tout se passait dans le calme. Elle ne s’oppose pas au changement dans la manière d’épouser au sein de sa communauté.
Elle invite les jeunes Nande qui côtoient les filles pygmées à verser la dot, au lieu de chaque fois les rendre grosse et se volatiliser dans la nature. La dot équivaut à 12 chèvres.
“Quand le frère épouse, il livrait sa sœur en retour. Car cette elle doit travailler pour la belle famille et vice-versa pour la femme épousée. C’était ça notre tradition. On mangeait la viande, chantait et dansait. Ce qui me choque ces jours, certains garçons Nande abusent des filles pygmées et ne les épouses pas. Ils les délaissent après leur avoir rendu grosses. S’ils aiment des pygmées, qu’ils emmènent des chèvres dans la belle famille “, recommande Miriam Telesi.
C’est surtout dans le territoire de Beni que ce changement s’est opéré. Dans la province de l’Ituri le système : échange des sœurs entre pygmée se poursuit. Ils se justifient par le fait que le lien social et l’entente entre les familles compte plus que la richesse.
La journée internationale des peuples autochtones vise à défendre leurs droits. Elle valorise aussi leurs cultures et leurs savoirs.
Jean-Claude Mbafumoja