Une année s’est écoulée depuis la prise de la ville de Goma par les rebelles de l’AFC/M23, avec le soutien de l’armée rwandaise. Un an après, le gouvernement congolais décrit Goma comme une ville fantôme, où rien ne fonctionne comme avant. Kinshasa a salué la résistance de la population et a décrété le 27 janvier journée de mémoire de Bunagana à Uvira, en hommage aux victimes des exactions des rebelles et des militaires rwandais.
Les rebelles de l’AFC/M23, armés jusqu’aux dents, ont pris Goma entre le 26 et le 27 janvier 2023, après avoir tué le général-major Peter Chirimwami, alors gouverneur militaire du Nord-Kivu. Selon les témoignages, ils ont d’abord été confrontés aux tirs des FARDC, des mercenaires et des Casques bleus de la MONUSCO. À leur entrée dans la ville, ils ont également subi la résistance des combattants Wazalendo.
Plus de 900 personnes ont perdu la vie lors de ces affrontements, selon le CICR. Des maisons, des commerces et même le bureau de la CENI ont été saccagés et pillés.
Un an plus tard, Kinshasa déplore l’état de Goma. À travers le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le gouvernement a diffusé une vidéo montrant l’horreur et la désolation dans la ville. Les rues, autrefois animées, sont désormais désertes. L’aéroport, jadis propre et très fréquenté, est devenu sale et quasiment inactif. Des concessions agricoles ont été transformées en cimetières, et les stades de football sont vides et inaccessibles.
Malgré cette situation dramatique, le gouvernement ne baisse pas les bras.
« À Goma, nous ferons reprendre la vie comme dans toutes les parties du pays sous occupation », a affirmé Patrick Muyaya.
Kinshasa travaille au retour de la paix et de la justice, en faveur des victimes. En ce triste anniversaire, le gouvernement a salué la résistance de la population et instauré le 27 janvier comme journée de mémoire, pour rendre hommage aux victimes, renforcer la conscience patriotique, consolider l’unité nationale et rappeler l’engagement de l’État à restaurer son autorité sur tout le territoire national.
Jean-Claude Mbafumoja
