La promotion de la culture du cannabis médical au Nord-Kivu suscite des réactions au sein de la société civile. Le défenseur des droits humains Prince Kambale Musavuli demande la suspension de cette initiative annoncée par le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire. Dans une déclaration à la presse, Prince Kambale Musavuli estime que ce projet intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile. Il évoque notamment les attaques attribuées aux ADF, la présence de plusieurs groupes armés et les difficultés de contrôle de l’État dans certaines zones de la province.
Pour cet acteur des droits humains, l’introduction de cette nouvelle culture pourrait créer de nouvelles vulnérabilités si des mécanismes stricts d’encadrement et de contrôle ne sont pas préalablement mis en place. Il craint notamment que des réseaux clandestins ou des groupes armés cherchent à tirer profit de cette activité et que la production puisse alimenter des circuits illégaux.
« C’est une imposition parce que ça n’a pas été une demande de la part de la population et cette culture de cannabis, chanvre, est-ce que c’est opportun ? Quels sont les mesures d’encadrement ? […] Nous avons trouvé que c’est parmi les pièges parce qu’on a eu à l’analyser », affirme Prince Kambale Musavuli.
Il s’interroge également sur la capacité des autorités à assurer la surveillance des éventuelles plantations dans une province où certaines zones restent difficiles d’accès en raison de l’insécurité.
« Les personnes qui nous massacrent, qui nous tuent actuellement, ils passent par différentes voies. Peut-être ils veulent ce chanvre et cannabis pour exécuter les gens. […] On veut détruire la jeunesse », poursuit-il.
Face à ce qu’il considère comme un risque pour la communauté, Prince Kambale Musavuli appelle les organisations de la société civile et les groupes de pression à se mobiliser contre le projet.
« Je voudrais appeler les composantes de la société civile, les groupes de pression, à se joindre à nous pour dire non à ce macabre projet parce que ça va détruire la communauté », conclut-il.
Cette contestation intervient après le passage du ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire dans le territoire de Lubero. Depuis le 6 août 2026, le ministère promeut la culture du cannabis médical au Nord-Kivu dans le cadre d’une initiative visant, selon les autorités, à diversifier les cultures et développer une filière à valeur économique.
Le débat reste donc ouvert entre, d’une part, les perspectives économiques avancées par les autorités et, d’autre part, les préoccupations sécuritaires et sociales soulevées par certains acteurs de la société civile.
Wynie Lusenge