Oïcha : le colonel Mugisa Patrick appelle à dénoncer les militaires impliqués dans les tracasseries et l’exploitation illégale des bois

La population et les chefs de base de la ville d’Oïcha sont appelés à dénoncer avec précision tout militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) impliqué dans les tracasseries des civils ou dans l’exploitation illégale des bois. Le message a été lancé ce lundi par le colonel Mugisa Patrick, officier de l’armée en séjour à Oïcha, lors d’un échange avec les chefs de base réunis à la mairie. Cette rencontre visait notamment à recueillir les préoccupations de la population et à identifier certaines difficultés dans les relations entre civils et militaires.

Le colonel Mugisa Patrick a insisté sur la nécessité de corriger les comportements qui compromettent les relations entre l’armée et la population, afin de consolider le mariage civilo-militaire dans la lutte contre les groupes armés. S’agissant des tracasseries liées à la perception des taxes, l’officier rappelle que les militaires des FARDC n’ont pas cette compétence.

« Concernant la perception des taxes, il n’y a aucune taxe qui peut être perçue par un militaire des FARDC. Sa mission est bien définie. Si tu vois un militaire percevoir la taxe, il faut vite alerter et la justice militaire va s’en charger. Car c’est un acte contraire à la loi. Plus vous gardez cette information, plus ce militaire prend cette anti-valeur comme son travail quotidien. Ce n’est pas son travail », dit-il.

Le colonel Mugisa Patrick s’est également penché sur l’exploitation illégale des bois. Il a appelé les chefs de base et les habitants à signaler tout militaire qui se livrerait à cette pratique, ainsi que les personnes qui faciliteraient ces activités.

« Nous avons intérêt à corriger ce qui ne va pas. Toute erreur du militaire, si tu ne dénonces pas, tu deviens complice. Si tu as peur, informe au moins ton chef de base. Il n’est pas permis au militaire d’exploiter les planches, et celui qui lui donne les bois à exploiter est aussi complice. Il faut dénoncer. C’est le seul courage que nous vous demandons. Ces bois exploités, est-ce que ce sont les militaires qui prennent des machines tronçonneuses pour exploiter ? C’est une erreur. Il faut dénoncer », a-t-il insisté.

À Oïcha, le colonel Mugisa Patrick était accompagné des écogardes de l’ICCN cantonnés au PK5, dans le cadre de la Force d’intervention rapide (FOB).

L’officier militaire a également insisté sur le renforcement de la collaboration entre la population et les services de défense et de sécurité, notamment dans la lutte contre les ADF et d’autres groupes armés actifs dans la région. À ses côtés figurait également la coordonnatrice de la cellule de communication du gouverneur.

Cette visite a été saluée par le maire de la ville d’Oïcha, Kambale Siluwhere Faustin, qui a appelé les représentants du gouverneur à faire remonter les différentes revendications exprimées par la population.

Pour les autorités locales et militaires, le renforcement du dialogue entre civils et forces de sécurité demeure ainsi un élément important pour améliorer la sécurité et lutter contre les comportements qui fragilisent la confiance entre la population et l’armée.

Jean-Claude Mbafumoja

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