Depuis 2022, le centre de santé de Kainama connaît une rupture persistante de stock de médicaments. L’alerte est lancée par la société civile du groupement Banande-Kainama.
Selon le président de cette structure citoyenne, Zawadi Bin Kasumba, les malades éprouvent d’énormes difficultés pour se faire soigner et sont contraints de se rendre dans la province voisine de l’Ituri, notamment vers Tchabi. Il évoque également plusieurs cas de décès enregistrés en cours de route et plaide pour l’implication urgente des autorités provinciales.
D’après lui, le centre de santé de Kainama connaît de graves problèmes de fonctionnement et ne parvient plus à desservir la population locale, obligeant les habitants à recourir aux structures sanitaires de l’Ituri. Cette situation, ajoute-t-il, met en danger la vie de nombreux patients.
« Le centre de santé de Kainama traverse une situation très alarmante, caractérisée par une carence en médicaments. C’est depuis 2022, lorsque cet hôpital avait été vandalisé par l’ennemi ADF. Tout le matériel et les médicaments avaient été pillés à cette époque-là. Depuis, l’hôpital n’a reçu aucun don, ni du gouvernement ni d’une organisation non gouvernementale », dit-il.
Selon lui, pendant un certain temps, l’armée ougandaise, la Uganda People’s Defence Force, apportait une assistance médicale ponctuelle à la population. Mais cette aide s’est raréfiée.
« Aujourd’hui, il y a aussi une carence au niveau du camp des UPDF. La population du groupement Banande-Kainama est obligée de se rendre vers Tchabi, dans la province de l’Ituri, ou encore vers Boga. Des mamans et des enfants, notamment ceux souffrant d’anémie, meurent en cours de route. Nous alertons le gouvernement provincial ainsi que les organisations non gouvernementales afin qu’ils nous viennent en aide », a-t-il insisté.
Au Bureau central de la zone de santé, la situation est reconnue. Toutefois, l’Administrateur gestionnaire des institutions sanitaires (AGIS), Nzanzu NDULUTHULU Joachim, s’interroge sur les causes exactes de cette rupture, d’autant plus qu’aucune gratuité des soins n’est appliquée dans cette structure.
Selon lui, cette situation pourrait s’expliquer par une mauvaise gestion interne. Il propose ainsi deux pistes de solution à la société civile de Kainama : rencontrer d’abord l’infirmier titulaire de l’aire de santé afin d’obtenir des explications sur les causes de la pénurie, ou se rendre conjointement avec les responsables sanitaires au Bureau central de la zone de santé pour obtenir des éclaircissements.
Kavetya Mbusa