L’attitude de la synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de Butembo face au retrait annoncé du M23 de Lubero pourrait avoir des impacts négatifs sur le moral des troupes congolaises et des Wazalendo sur les fronts. C’est la crainte d’un enseignant en sciences politiques à l’université du CEPROMAD, UNIC Beni.
Le politologue Mwami Pascal Bulembo estime que l’armée ougandaise n’inspire plus confiance, au regard des propos menaçants de son chef d’État-Major général contre la RDC. C’est ainsi que ce chef des travaux exprime son regret face à l’attitude de ceux qui s’opposent au retrait de cette armée étrangère du territoire de Lubero.
« C’est un regret parce que la question qui se pose est de savoir quel est l’impact de l’UPDF face à l’avancée des RDF-M23. Vous avez écouté ce que le chef de l’armée ougandaise a dit. Dans une semaine, il pourrait prendre Kisangani et aussi emprisonner le gouverneur militaire de l’Ituri. Maintenant, nous continuons à le soutenir. Les gens devraient prendre conscience », affirme-t-il.
Mwami Pascal craint cependant que ce comportement de certains habitants n’affecte les militaires des FARDC et leurs alliés Wazalendo engagés sur différentes lignes de front.
« C’est déjà un mauvais départ parce que nous avons donné plus de confiance à une armée étrangère qu’à notre propre armée. C’est un désordre total dans les têtes des gens. Est-ce que nous avons des gens qui connaissent la science ? Le fait de ridiculiser votre pays dans les médias et de parler n’importe comment, et vous dites qu’on doit soutenir ? », s’interroge Mwami Pascal.
Un député provincial du Nord-Kivu a qualifié ce retrait envisagé des troupes ougandaises de risque sécuritaire, exposant Lubero, Butembo et Beni à de nouvelles incursions rebelles. CHAFI MUSITU, qui s’est confié à nos confrères de Butembo, appelle la population à se mobiliser pour exiger le maintien des troupes UPDF pour des opérations conjointes afin de préserver la stabilité de la région.
C’est en février 2025 que le président ougandais a confirmé le déploiement des troupes ougandaises dans le territoire de Lubero, selon lui, sur demande des autorités congolaises. Mais YOWERI MUSEVENI avait clarifié que ce déploiement n’avait rien à voir avec la lutte contre l’avancée du M23.
Nganga Victor Mbafumoja