La République démocratique du Congo plaide pour une adaptation des opérations de paix des Nations Unies aux réalités du terrain. Kinshasa appelle notamment à renforcer le lien entre maintien de la paix, prévention, médiation et consolidation de la paix. La question des moyens et de la liberté de mouvement de la MONUSCO a également été soulevée. La RDC dénonce notamment les restrictions imposées à la mission onusienne dans les zones contrôlées par le M23.
La position de la RDC a été présentée lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à l’avenir des opérations de paix des Nations Unies. Nicolas Mupepe Matomene, coordonnateur politique adjoint à la Mission permanente de la RDC auprès des Nations Unies, estime que les missions doivent pouvoir adapter leurs priorités et leurs capacités à l’évolution des besoins sur le terrain.
« Lorsque la paix existe, il faut pouvoir la préserver. Lorsqu’elle demeure fragile, il faut pouvoir la consolider. Et lorsqu’elle s’éloigne, il faut disposer des instruments politiques et diplomatiques permettant d’en recréer les conditions. C’est dans cette perspective que ma délégation voit un potentiel particulier dans une articulation beaucoup plus étroite entre maintien de la paix, consolidation de la paix, prévention et médiation. La nécessaire clarté des mandats ne devrait pas faire obstacle à une réflexion politique continue sur l’évolution des besoins auxquels une mission est appelée à répondre. L’évaluation régulière de la situation sur le terrain doit pouvoir éclairer sa progression et, lorsque les circonstances le commandent, conduire à l’évolution de ses priorités, de ses capacités et des instruments qu’elle mobilise », a déclaré Nicolas Mupepe Matomene.
La RDC alerte également sur les conséquences de la crise de liquidités qui touche les opérations de paix des Nations Unies. Kinshasa estime que la réduction des moyens peut affecter directement la présence des Casques bleus et la protection des populations civiles.
« La crise de liquidité que traversent les opérations de paix ne constitue pas une difficulté comptable abstraite. Elle se traduit sur le terrain par des capacités réduites, une présence moindre dans certaines zones, des moyens de réaction plus limités et, en définitive, une protection affaiblie pour les populations civiles », a-t-il ajouté.
La délégation congolaise a également insisté sur la sécurité et la liberté de mouvement du personnel de l’ONU, notamment celui de la MONUSCO. Elle dénonce les restrictions imposées à la mission dans les zones contrôlées par le M23.
« Repenser les opérations de paix implique aussi de protéger celles et ceux auxquels nous demandons de servir sous le drapeau des Nations Unies. Les attaques contre les Casques bleus et le personnel civil de l’organisation, les restrictions à leur liberté de mouvement ainsi que les détentions arbitraires de personnel onusien sont autant d’atteintes à notre capacité collective d’agir. Le gouvernement de la République du Congo a constamment rappelé que la liberté de mouvement de la MONUSCO, son accès aux zones affectées et la levée des restrictions imposées par les forces négatives, notamment le M23, demeurent indispensables à l’accomplissement de son mandat », a-t-il affirmé.
Cette position intervient alors que le Conseil de sécurité poursuit ses discussions sur l’évolution des opérations de paix des Nations Unies. En RDC, la MONUSCO reste notamment chargée de la protection des civils et de l’appui aux efforts de paix et de stabilisation dans les zones où elle est déployée.
Sam Kitha D.