RDC : des filles enceintes à l’école, le gouvernement éclaircit sa position et lance un appel aux églises !

Le gouvernement congolais réaffirme sa position concernant la scolarisation des élèves filles enceintes. C’était lors du briefing de presse tenu à Kinshasa le 17 juillet 2025. Il a souligné que l’exclusion des filles enceintes des établissements scolaires est désormais interdite, conformément à la circulaire du 14 juillet 2025 émise par le Secrétariat général à l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté.

Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large du gouvernement de promouvoir l’inclusion et l’égalité des genres dans le système éducatif congolais, a fait savoir le porte-parole du gouvernement. Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité d’aborder les grossesses précoces avec lucidité et responsabilité.

Pour lui, ces situations mettent en lumière des défaillances dans l’éducation à la maison comme à l’école, appelant ainsi à une mobilisation collective fondée sur le dialogue et l’éducation.

« La circulaire n’avait pas pour vocation de faire croire que le gouvernement s’est mis dans une position d’encourager. Attention, parce qu’une jeune fille enceinte à l’école, c’est le résultat de plusieurs failles. D’abord, il y a la faille de la maison, en termes d’encadrement, sûrement qu’à un certain niveau, il y a peut-être la faille de l’école, et il ne faut pas oublier que nous avons une Constitution qui consacre le droit à l’éducation. Et qu’on ne peut pas, en aucun cas, penser exclure une jeune fille parce qu’elle est tombée enceinte. Ce serait une double punition », déclare Patrick Muyaya.

Il a également rappelé que la RDC est signataire de conventions internationales, dont la Convention relative aux droits de l’enfant, qui interdit toute discrimination scolaire fondée sur la grossesse. Tout en reconnaissant le partenariat entre l’Église catholique et le gouvernement dans le secteur de l’éducation, Patrick Muyaya invite l’Église à revoir sa politique et à mettre en place des mesures d’accompagnement pour prévenir les cas de grossesses en milieu scolaire.

« Il existe une Convention des droits de l’enfant qui proscrit toute forme d’exclusion de l’enfant à l’école. Alors, est-ce que nous devons continuer à être conservateurs, entre guillemets, hypocrites, et ne pas aller donner une réponse à une problématique sociale qui est vécue ? Est-ce que les vrais palliatifs, ce n’est pas d’abord l’éducation, avec une grosse attention sur le sujet ? L’Église, qui est notre partenaire dans la formation ou dans l’éducation, doit aussi, sur certains sujets, regarder comment évolue le temps. Non pas pour en faire l’apologie, mais pour être sûr que nous avons donné à nos enfants la possibilité de se prémunir ou de se protéger, et d’éviter des cas, justement, où on a des filles enceintes à l’école », ajoute le ministre de la Communication en RDC.

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Il faut dire que cette décision du gouvernement a suscité des réactions divergentes. La Coordination des Écoles Conventionnées Catholiques a exprimé son désaccord, invoquant des principes de moralité et de discipline.

Elle a indiqué que ses établissements ne se sentent pas concernés par cette circulaire et continueront à orienter par amour les élèves enceintes vers d’autres structures éducatives.

Laetitia Vusara

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