Le président de la République, Félix Tshisekedi, a demandé au Parlement de réexaminer la loi déterminant les modalités d’organisation du référendum, après la décision de la Cour constitutionnelle l’ayant déclarée conforme à la Constitution sous certaines réserves.
L’information a été rendue publique jeudi 13 août 2026 par l’Assemblée nationale dans un communiqué. Selon ce document, le chef de l’État a adressé, le 10 août, une correspondance aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, conformément à l’article 137 de la Constitution.
Le réexamen de cette loi sera inscrit au calendrier de la session parlementaire de septembre 2026. Il devra notamment permettre d’intégrer les différentes interprétations et réserves formulées par la Cour constitutionnelle.
Cette décision suscite déjà des réactions dans la classe politique et au sein de la société civile. Dans l’opposition, la coalition Lamuka considère le renvoi du texte au Parlement comme « un petit pas dans la bonne direction ». Par la voix de son porte-parole, Prince Epinge, elle appelle toutefois la population à rester mobilisée et vigilante face à tout projet de modification de la Constitution.
« La décision de renvoyer la proposition de loi référendaire à au parlement pour une seconde lecture est un petit pas dans la bonne direction. Nous en prenons acte. Cependant, nous appelons notre peuple à la vigilance, à continuer la mobilisation dans tout le pays, à rester vigilante jusqu’au bout car le combat pour respect de la constitution est encore entier », a-t-il déclaré.
Une position que ne partage pas Jean-Claude Katende, président national de l’ASADHO. Il estime que la nouvelle lecture demandée par le chef de l’État constitue, selon ses termes, « une deuxième tricherie ». Pour lui, cette procédure ne retire pas à la loi ce qu’il considère comme ses « germes anticonstitutionnels ».
Jean-Claude Katende affirme par ailleurs que toute tentative de changement de Constitution risque, selon lui, de plonger le pays dans le chaos. Il considère enfin que 2028 doit rester l’année du départ de Félix Tshisekedi du pouvoir, conformément à la limite constitutionnelle des mandats présidentiels.
Jean-Claude Mafumoja