Le gouvernement congolais demande la dissolution du parti Politique PPRD de Joseph KABIKA. Il a saisi, depuis fin avril dernier, le parquet général près la Cour constitutionnelle pour cette cause. Le ministre l’intérieur invoque des faits graves mettant en cause le PPRD dans une présumée collusion avec le mouvement rebelle M23/AFC.
Dans sa requête au parquet général près la Cour constitutionnelle, le ministre de l’intérieur et sécurité, Jacquemain Shabani veut obtenir la dissolution du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), formation politique de l’ancien président Joseph Kabila.
Le vice-premier ministre invoque des faits graves mettant en cause l’ancien parti présidentiel, le PPRD dans une présumée collusion avec le mouvement rebelle M23/AFC, qui occupe plusieurs zones dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont les villes stratégiques de Goma et Bukavu. Jacquemin Shabani cite notamment la présence des anciens cadres du PPRD dans les rangs de la rébellion, ainsi que les déclarations publiques de Joseph Kabila dans une interview accordée au journal sud-africain Sunday Times en février dernier.
L’ancien chef de l’État y aurait tenu des propos minimisant les exactions commises par le M23/AFC, ce que le gouvernement interprète comme une tentative de blanchiment politique du mouvement rebelle. Le ministre évoque également les propos d’Aubin Minaku, haut cadre du parti, tenus lors d’une réunion en février : « Fini le moment du silence, des actions clandestines, maintenant c’est le moment des actions ouvertes… », des paroles jugées préoccupantes dans le contexte actuel.
Il pointe enfin l’annonce controversée du retour de Joseph Kabila au pays par la ville de Goma, actuellement sous contrôle du M23/AFC, ce qui, selon Jacquemin Shabani, constitue une atteinte à la souveraineté nationale. Selon lui, ces faits violent l’esprit de la Constitution ainsi que les textes législatifs encadrant les partis politiques. Il rappelle en outre qu’en tant qu’ancien président et sénateur à vie, Joseph Kabila est soumis à une obligation de réserve, de loyauté et de patriotisme, conformément à la loi n° 18/021 du 26 juillet 2018 sur le statut des anciens chefs de l’État.
Le gouvernement reproche également au PPRD de n’avoir pris aucune mesure disciplinaire contre ses membres ayant rejoint la rébellion, ce qui constitue, selon lui, une preuve manifeste de complicité. Cette requête survient après l’audition, en mars dernier, de plusieurs dirigeants du PPRD par l’auditorat militaire de Kinshasa-Gombe.
Elle intervient également dans un contexte tendu, marqué par la suspension puis la reprise contestée des activités du parti sur le territoire national. De son côté, la coordination du PPRD en diaspora a exprimé son opposition à cette démarche qu’elle juge « injuste et arbitraire ».
Elle affirme avoir appris, par voie de presse, l’existence d’une demande de dissolution « antidatée » adressée au parquet. Le PPRD diaspora dénonce une manœuvre de répression politique et affirme avoir saisi la justice, sans obtenir de réponse.
SamK