Les réactions se poursuivent au sein de l’Union sacrée de la nation après la création du Front pour la refondation de la nation, un mouvement politico-militaire dirigé par Joseph Kabila. Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale, dénonce la contradiction entre les appels à la paix lancés par Kabila et son recours aux armes. De son côté, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, accuse l’ancien président de s’opposer aux intérêts du peuple congolais. Tous deux appellent les Congolais à faire preuve de vigilance face à cette nouvelle évolution politique et sécuritaire.
Dans une adresse à la nation le mardi 13 octobre, Vital Kamerhe s’est directement adressé à Joseph Kabila après la création du Front pour la refondation de la nation.
L’ancien président de l’Assemblée nationale estime qu’on ne peut pas appeler à la paix tout en recourant aux armes. Il invite l’ancien président congolais à assumer son bilan politique plutôt que de rejeter les responsabilités sur le pouvoir actuel.
« On ne peut proposer la paix à notre peuple tout en recourant aux armes. Cette contradiction touche au fondement même de l’engagement démocratique. Monsieur le Président honoraire, vous appelez à la paix dans vos discours, vous appelez à la rébellion dans vos actes. Le peuple vous jugera sur vos actes. On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur. Chacun de nous doit avoir la décence d’assumer sa part des responsabilités dans l’histoire tumultueuse que connaît notre pays. Et surtout, on ne répare pas le destin d’un pays en lui imposant une nouvelle aventure armée », a-t-il déclaré.
Vital Kamerhe appelle également les Congolais, au-delà de leurs appartenances politiques, à se mobiliser pacifiquement pour défendre la République. Il insiste sur la cohésion nationale et le refus de laisser les armes décider de l’avenir du pays.
« J’appelle les Congolaises et les Congolais, au-delà de leurs appartenances politiques, à une mobilisation pacifique et responsable pour refuser que les armes décident une fois encore de leur avenir. La défense de la République est une responsabilité commune. Elle exige de nous tous la vigilance, la cohésion et le respect de chaque compatriote », a-t-il lancé.
Même réaction du président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde. Il accuse Joseph Kabila de se présenter désormais comme un adversaire des intérêts du peuple congolais. Le président du Sénat appelle la population à ne pas se laisser distraire par ce qu’il qualifie de promesses illusoires.
« Le chef de l’État déploie tous ses efforts pour établir une paix durable en RDC. Monsieur Joseph Kabila sort de sa tanière en se dévoilant devant la face du monde comme le véritable ennemi et adversaire résolu des intérêts du peuple. Face à cette situation, nous invitons notre population à ne pas se laisser distraire par ce vendeur d’illusions », a-t-il déclaré.
Ces prises de position interviennent après l’annonce, le 12 octobre à Goma, de la création du Front pour la refondation de la nation, dirigé par Joseph Kabila et présenté comme le successeur de l’Alliance Fleuve Congo, l’AFC.
Ce mouvement politico-militaire affirme vouloir coordonner les forces de résistance contre ce qu’il qualifie de tyrannie du régime de Félix Tshisekedi. Sa création continue de provoquer des réactions au sein de la classe politique, alors que le gouvernement congolais n’a pas encore officiellement réagi à cette nouvelle structure.
Sam Kitha D.