Anthrax : le service vétérinaire d’Oïcha appelle à éviter la viande boucanée après la mort d’hippopotames dans la rivière Semuliki

Le danger lié à la zoonose du charbon bactéridien, l’anthrax, reste permanent dans la zone d’Oïcha et ses environs. Depuis la déclaration de cette épidémie en mai 2024, les bêtes continuent d’être affectées, avec plus de 20 cas de contamination enregistrés chez les humains à Oïcha. La menace s’accentue ces derniers jours, avec l’alerte de l’ICCN sur la mort d’hippopotames dans la rivière Semuliki. Le chef du service vétérinaire de la ville d’Oïcha attire l’attention de la communauté et appelle notamment à éviter la consommation de viandes boucanées.

En ville d’Oïcha, l’anthrax continue d’affecter les bêtes, selon l’ingénieur Patrick Mubarikiwa, chef urbain du service vétérinaire.

Dans son adresse du lundi 05 octobre dernier, lors de la parade hebdomadaire à l’hôtel de ville, il a cité de nouveaux cas enregistrés la semaine dernière dans les quartiers Mabasele et Masosi. Ce spécialiste en santé animale salue, toutefois, l’attitude des chefs de base face à cette situation.

« Pas plus tard qu’au quartier Mabasele, pour un cas de chèvre qui saignait, un chef de base nous a alertés. Et nous avons déjà suspecté l’anthrax. Nous félicitons aussi le chef de Manzali. Chez lui, il y a des cas de morts naturelles de pigeons, au moins 38 pigeons. Depuis la déclaration de cette zoonose, le 24 mai 2024, nous avons incinéré 82 vaches et au moins 23 personnes ont été contaminées par les bêtes à Oïcha. Pour la plupart, ce sont ceux qui nous aident dans la destruction qui sont contaminés et, en tant que service, nous nous chargeons de leur prise en charge sanitaire », a-t-il expliqué.

Pour l’ingénieur Patrick Mubarikiwa, la menace liée à l’anthrax devient de plus en plus préoccupante, notamment avec les alertes de l’ICCN sur la mort d’hippopotames dans la rivière Semuliki.

Il rappelle qu’Oïcha n’est pas loin de cette rivière ni de la zone du parc, d’où son appel à davantage de prudence.

« La semaine passée, vous avez suivi le communiqué de l’ICCN sur la mort des hippopotames dans la rivière Semuliki, confirmée comme étant due à l’anthrax. Comme ça, nous profitons de rappeler que la Semuliki n’est pas loin de nous. Nous sommes riverains du parc. Nous devons éviter de consommer de la viande boucanée. Des gens nous apportent des viandes d’animaux sauvages, parfois sans savoir dans quel état ils ont été retrouvés. Prenons conscience que c’est une zoonose : une maladie qui peut passer d’un animal à un être humain et peut tuer. Donc, soyons vraiment prudents. Assurons-nous de consommer de la viande analysée par les spécialistes en santé animale. Restons vraiment prudents », a-t-il insisté.

Dans un communiqué publié le 30 septembre dernier, pour rappel, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) avait alerté sur la découverte de plusieurs carcasses d’hippopotames le long de la rivière Semuliki, dans le territoire de Beni.

L’ICCN s’était dit préoccupé par cette situation et avait appelé les populations riveraines à faire preuve de vigilance. Quelques jours après, la direction provinciale de l’ICCN au Nord-Kivu avait informé que les analyses réalisées conjointement par ses équipes et les docteurs vétérinaires de Virunga Doctors confirmaient que la mort des hippopotames retrouvés dans la rivière Semuliki était due au charbon bactéridien, également appelé anthrax.

Nganga Victor

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