Les activités socio-économiques demeurent à l’arrêt dans la commune d’Oïcha, territoire de Beni. Ce mercredi 5 novembre 2025 marque le troisième jour consécutif de paralysie. Tôt le matin, des barricades étaient visibles sur plusieurs artères principales. Les opérateurs économiques hésitent encore à ouvrir leurs portes, tandis que d’autres, contrairement à l’appel des forces vives, tentent de travailler discrètement.
La bourgmestre d’Oïcha, Kavira Mwenge Eugénie, appelle toujours à la reprise des activités commerciales et scolaires. Pourtant, la commune reste plongée dans un calme inhabituel.
« Chers élèves, étudiants, vous êtes les futurs cadres du pays. Nous devons aller à l’école et dans nos institutions supérieures. Aux membres de la Fédération des Entreprises du Congo, Fédération Nationale des Petites et Moyennes Entreprises du Congo, usez de votre sagesse et de votre conscience. La plupart d’entre vous possèdent des articles périssables : poissons frais, tomates, légumes… Nous devons aller au marché afin de trouver de quoi nourrir nos familles. Pour cette raison, j’appelle la population à vaquer librement à ses occupations », dit-elle.
À Manzali, dans le quartier Masosi, certaines routes ont été barricadées pendant la nuit, notamment sur l’avenue Kalembo, près de l’église adventiste, et sur l’avenue Monument Kabambi. Des branches d’arbres ont été déposées sur les artères par des inconnus. Les chefs de base, appuyés par la police, sont intervenus pour dégager les voies.
Au marché central d’Oïcha, l’ambiance est timide. Les boutiques et magasins sont restés fermés, hormis quelques vendeurs de vivres apparus timidement. Dans certaines galeries, des commerçants attendent d’éventuels clients, parfois en ouvrant leurs portes discrètement pour effectuer des ventes à huis clos. Pendant ce temps, certains revendeurs de carburant et conducteurs de moto-taxi poursuivent leurs activités sans grande inquiétude.
Personne ne sait jusqu’où ira cette série de journées « ville morte » décrétée par la société civile, noyau d’Oïcha. Malgré les multiples appels au calme et à la reprise, les activités peinent à reprendre. Les forces vives maintiennent leur position, tandis que la population se divise.
Si une partie de la communauté soutient la société civile dans son mouvement, d’autres estiment que ces journées sans activités n’ont plus de sens. Les élèves, notamment, se sont ouvertement opposés à la poursuite du mot d’ordre.
Jean-Claude Mbafumoja