Butembo : les décès inexpliqués de jeunes fiancés et nouveaux mariés inquiètent la jeunesse

Une vue de la ville de Butembo. Ph. Tiers.

Les décès inopinés de jeunes fiancés ou de nouveaux mariés continuent de susciter interrogations et inquiétudes au sein de la population de Butembo. Depuis plusieurs semaines, ce phénomène s’impose comme un sujet de préoccupation majeure, aussi bien dans les foyers que dans les débats publics de la ville. Face à cette situation, le Conseil urbain de la jeunesse de Butembo se dit préoccupé et propose quelques pistes de solutions pour endiguer ce phénomène. Un sociologue de la ville appelle les jeunes à plus de vigilance et à se méfier des promesses non tenues dans leurs relations amoureuses.

À Butembo, des décès précoces signalés chez certains jeunes fiancés ou nouveaux mariés alimentent les débats au sein de la communauté. Dans les rues de la ville, plusieurs habitants s’interrogent sur ces morts subites, dont les causes restent souvent inconnues.

Pour certains, ces décès seraient liés à des pratiques occultes ou à des cas d’empoisonnement. Le président du Conseil urbain de la jeunesse de Butembo, Franck Mukenzi, se dit préoccupé par ce phénomène.

Selon lui, le manque de fidélité et de sincérité dans certaines relations amoureuses pourrait occasionner des conséquences graves au moment où les jeunes s’engagent dans le mariage.

Il appelle ainsi les jeunes à faire preuve de responsabilité, d’honnêteté et de transparence dans leurs relations, afin d’éviter les frustrations, les conflits et les promesses non tenues.

« D’une manière concrète, on n’a pas encore mené d’enquêtes couronnées de statistiques fixes. Ça préoccupe tout le monde et ça préoccupe, en tout cas, surtout la jeunesse. La mesure concrète pour lutter contre cette situation, en tout cas, c’est tout d’abord d’apprendre aux gens la responsabilité, la bonne moralité. Dans les églises, il faut qu’on apprenne aux gens les bonnes valeurs. Les filles devraient comprendre aussi que ce n’est pas parce que quelqu’un vous a déçue que vous allez directement prendre le chemin de le tuer. La vengeance appartient à Dieu, tel que le disent les chrétiens », a-t-il conscientisé.

De son côté, le sociologue Mutunda Lwaka Célestin estime que cette situation inquiète non seulement la population de Butembo, mais aussi les communautés environnantes.

Il invite les jeunes à revoir leur manière de préparer et d’organiser les cérémonies nuptiales, mais également à bâtir leurs unions sur la confiance, le dialogue et la vérité.

« La cause peut être, par exemple, une maladie. Il peut y avoir aussi des empoisonnements. Ça peut aussi être dû à des fausses promesses de mariage. On abuse de la confiance. Mais nous n’excluons pas aussi des décès normaux ou naturels. Pour les examens prénuptiaux, on peut avoir aussi des cas de maladies. Ça peut être du côté de la jeune fille ou du côté du garçon. Mais on cache les résultats. L’essentiel est que la cérémonie puisse avoir lieu. Et quand on se rend compte de cela, il peut y avoir aussi de la tension ou une crise cardiaque, et ça vous touche comme ça », a-t-il démontré.

La question des décès inopinés de jeunes fiancés ou de nouveaux mariés a été évoquée lors des échanges organisés à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse. La rencontre avait réuni des jeunes et certains leaders locaux dans la salle du Centre de lecture et d’animation culturelle (CLAC) de Butembo.

Les intervenants recommandent aux jeunes de privilégier le dialogue, la sincérité, la responsabilité et, en cas de décès suspect, de s’en remettre aux autorités compétentes et aux services de santé pour établir les causes réelles.

Laetitia Vusara

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