Dialogue national : Fayulu veut une table ouverte à toutes les parties, mais ferme la porte à un troisième mandat de Félix Tshisekedi

L'opposant Martin Fayulu en conférence de presse à Kinshasa. Ph. Tiers.

L’opposition congolaise insiste sur un dialogue national réellement inclusif et fixe déjà ses lignes rouges. L’opposant Martin Fayulu, qui s’est exprimé à ce sujet mercredi 19 août, estime que toutes les parties impliquées dans la crise congolaise doivent être associées aux discussions. Il cite notamment l’ancien président Joseph Kabila et le M23. Le leader de la coalition Article 64 exclut également toute négociation sur un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi.

Lors d’une conférence de presse en Belgique, l’opposant Martin Fayulu est revenu sur la question du dialogue national annoncé en RDC. Pour le leader de la coalition Article 64, le prochain dialogue doit permettre de rechercher les causes profondes de la crise congolaise et de dégager des solutions durables.

Il estime que les discussions ne doivent pas porter sur le partage du pouvoir, mais réunir les différentes parties concernées par la crise, y compris les Congolais engagés au sein du M23. Il insiste ainsi sur l’inclusivité de ce processus.

« Le dialogue, c’est le moyen par lequel nous allons parler de toutes les questions concernant le Congo. Quelles sont les causes profondes de la crise congolaise et quels sont les moyens pour y remédier ? Alors, le M23, c’est le Rwanda, vous le savez. Mais dans le M23, il y a des Congolais. Mais comment allez-vous régler le problème si vous ne discutez pas avec eux ? Vous devez même discuter avec le Rwanda. Nous appelons au dialogue national inclusif. Nous n’allons pas là-bas pour le partage du pouvoir. Nous allons là-bas pour régler les problèmes de notre pays », a-t-il expliqué.

Martin Fayulu estime également que la question des élections de 2028 doit être abordée lors de ce dialogue. Mais l’opposant fixe une ligne rouge : le processus ne doit pas servir de cadre à un glissement électoral permettant à Félix Tshisekedi de prolonger son mandat. Martin Fayulu affirme que le chef de l’État devra quitter ses fonctions à la fin de son mandat en 2028.

« Nous avons dit : il n’y a pas de troisième mandat en RDC et, en 2028, qu’il le veuille ou pas, il partira. Donc, il n’y a pas de demi-mesure, Tshisekedi doit partir à la fin de son mandat, il partira. Et c’est pour cela que nous sommes contents qu’il se soit ravisé et qu’il ait compris que la solution, c’est le dialogue. Pour une fois, il faut qu’on nous trouve, nous, Congolais, consistants. Pour une fois, il faut qu’on trouve que nous sommes responsables, on sait respecter les choses », a-t-il insisté.

Pour rappel, Martin Fayulu avait déjà plaidé pour la participation de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa au dialogue, alors que le débat sur les participants et les contours de ces assises reste ouvert. Le chef de l’État a annoncé une prochaine adresse à la Nation pour préciser les tenants et les aboutissants de ce dialogue.

Sam KITHA D.

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