L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur la gravité persistante de l’épidémie de maladie à virus Ebola en RDC. Lors de la deuxième réunion du comité d’urgence du Règlement sanitaire international, mardi 18 août, son directeur général a estimé que la flambée reste difficile à contenir malgré l’intensification de la riposte. Le ministre congolais de la Santé nuance l’appréciation de l’OMS et revendique une riposte robuste engagée par le gouvernement.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de 5 000 personnes ont été infectées et plus de 2 300 autres sont décédées dans six provinces et 55 zones de santé.
Cette flambée est désormais considérée comme la deuxième plus importante jamais enregistrée et progresse à une vitesse préoccupante, a fait savoir le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans son allocution lors de la deuxième réunion du comité d’urgence concernant l’épidémie de maladie à virus Ebola en RDC.
« Il y a trois mois, j’ai déterminé que l’épidémie de la maladie à virus Bundibugyo en RDC constituait une urgence de santé publique de portée internationale. Nous devons être lucides : l’épidémie est loin d’être maîtrisée. Elle a pris une avance considérable, et nos efforts continuent de viser à rattraper cette progression », a déclaré le docteur Tedros.
L’OMS attribue notamment cette évolution à l’insécurité, aux déplacements de populations ainsi qu’à l’intensité des mouvements le long des grands axes routiers, fluviaux et miniers.
Elle s’inquiète particulièrement des malades qui meurent à domicile, dans les communautés, sans avoir été admis dans un centre de traitement ni identifiés parmi les contacts suivis.
« Chaque décès de cette nature indique l’existence d’une chaîne de transmission qui n’a pas encore été identifiée », a averti le directeur général de l’OMS, soulignant que l’épidémie poursuivra sa progression tant que ces chaînes ne seront pas détectées et interrompues.
Face à cette situation, l’OMS, Africa CDC et les autres partenaires appuient le gouvernement congolais dans le renforcement de la surveillance communautaire, de la prise en charge médicale, des inhumations sûres et dignes ainsi que de la mobilisation communautaire.
Des essais de vaccins et de traitements contre le virus Bundibugyo sont également en cours. De son côté, le gouvernement congolais nuance l’appréciation de l’OMS. Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, assure que la réponse nationale demeure robuste, même si le virus présente une forte capacité de transmission.
« Ce virus nous apprend beaucoup de choses et nous apprenons effectivement qu’il y a des nuances qui expliquent la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. La première nuance que l’on peut remarquer, c’est que ce virus effectivement, en trois mois, a causé plus de cas que le virus Zaïre en trois mois, avec une très grosse riposte. Il a contaminé cinq mille personnes. Et quand je dis, avec une grosse riposte, c’est que nous sommes partis de zéro laboratoire à plus ou moins vingt laboratoires en deux mois. Et donc, cela montre que la riposte a été très rapide et très vigoureuse, mais que le virus s’est répandu malgré cela très vite », a-t-il déclaré.
Déclarée en mai dernier en RDC, l’épidémie de la maladie à virus Ebola touche désormais six provinces et 55 zones de santé. L’Ituri demeure le foyer de contamination avec 28 zones de santé touchées sur les 36 que compte la province.
Laetitia Vusara