Dialogue national : le gouvernement congolais défend l’exclusion du M23 et appelle l’opposition à éviter « l’ambiguïté »

Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais. Ph. Tiers.

Le gouvernement congolais justifie l’exclusion du M23 et de l’ancien président Joseph Kabila du dialogue national lancé par Félix Tshisekedi. Son porte-parole, qui s’est exprimé à ce sujet vendredi 4 septembre, estime que la participation du M23 reviendrait à donner davantage de poids à ceux qui ont choisi la voie des armes. Il a également critiqué les prises de position de certains opposants favorables à une participation des acteurs armés à ces assises. Le gouvernement rappelle que ce dialogue doit aboutir à un pacte pour la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État.

Le porte-parole du gouvernement a été l’invité de l’émission « Entre Congolais » de Radio Okapi. Il est revenu sur le dialogue national et les limites de son caractère inclusif.

Il a expliqué que laisser les acteurs armés, dont le M23, participer au dialogue revient à les encourager. Patrick Muyaya critique à ce terme l’opposition qui encourage la participation du M23 et d’autres acteurs armés à ce dialogue.

« Pourquoi vous pensez que ceux qui participent à Doha, le M23, doivent impérativement participer au dialogue de Kinshasa ? Parce que s’ils n’y participent pas, donc tout ce que nous ferons ici ne vaut pas. Non, mais là, c’est aussi une manière pour nous de renforcer ceux qui ont pris les armes. Les amis de l’opposition qui se sont exprimés à ce sujet, il faut qu’ils évitent aussi l’ambiguïté. Il faut qu’ils évitent de laisser penser que eux, c’est les béquilles à travers lesquelles les supplétifs s’appuient pour penser se repositionner dans ce dialogue national, tout en n’ayant pas renoncé au lien ou à la filiation diabolique avec le père, le Rwanda, qui donne des armes pour tuer des Congolais », a-t-il déclaré.

Le gouvernement revient ensuite sur la finalité de cette initiative. Il affirme que ce dialogue ne va pas servir à un partage de pouvoir, comme cela a toujours été le cas lors de précédents processus. Le gouvernement présente ce dialogue comme un pacte pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.

« Le président de la République a dit que c’est un dialogue qui doit aboutir à un pacte pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. La parole est redonnée aux Congolais parce que l’essence de ces dialogues, en réalité, vient sur base de notre parcours politique depuis l’indépendance, 66 ans. L’objectif ici, c’est de nous assurer que nous avons bien tiré les conséquences de ce que nous avons eu par le passé, 66 ans, de nos fragilités, des dialogues précédents qui ont plutôt servi à positionner les hommes politiques plutôt qu’à traiter les questions dans leur profondeur et y apporter des solutions qu’elles requièrent. Mais cette fois-ci, nous avons une opportunité d’aller au-delà », a-t-il rappelé.

Pour rappel, le processus de dialogue national a été officiellement lancé par le président Félix Tshisekedi lors de son adresse à la Nation du 27 août dernier. Mais cette initiative est déjà contestée par une partie de l’opposition, qui estime notamment qu’elle ne répond pas aux exigences d’un dialogue suffisamment inclusif.

Sam K. D.

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