La situation sécuritaire reste préoccupante dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans un rapport publié le 5 mai, Amnesty International dénonce des attaques attribuées aux rebelles des ADF, qualifiées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. L’organisation appelle les autorités à renforcer la protection des civils dans les zones affectées.
Dans ce document, Amnesty International indique avoir documenté huit attaques survenues entre 2024 et 2025 dans plusieurs localités de l’Ituri et du Nord-Kivu. Parmi les zones touchées figurent notamment les villages de Ntoyo et Biambwe, dans le territoire de Lubero, ainsi que celui d’Otomabere en Ituri. Lors de ces incursions, des civils ont été ciblés, avec des cas de massacres, d’exécutions sommaires, d’enlèvements et de tortures.
Le rapport évoque également d’autres exactions graves, notamment des violences sexuelles, le recrutement d’enfants et des cas de travail forcé. Plusieurs villages ont été attaqués successivement, entraînant des déplacements massifs de populations. Des habitations ont été incendiées, des champs pillés et des structures sanitaires détruites, aggravant la crise humanitaire dans ces zones.
Amnesty International souligne que ces violences s’inscrivent dans un contexte sécuritaire déjà fragile. Dans les provinces concernées, les forces armées congolaises, appuyées par les troupes ougandaises de l’UPDF, mènent depuis novembre 2021 des opérations contre les ADF. Malgré cette coopération militaire, l’organisation constate que les populations civiles continuent de subir des attaques répétées.
La secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, dénonce une brutalité extrême exercée contre les civils et appelle à un renforcement urgent des mécanismes de protection. Le rapport souligne également des failles dans la réponse sécuritaire, certaines attaques n’ayant pas été stoppées à temps malgré la présence de forces dans les environs.
Dans ses recommandations, l’organisation appelle les autorités congolaises et leurs partenaires, notamment la coalition FARDC-UPDF, à renforcer les systèmes d’alerte précoce et la protection des civils dans les zones à risque, comme Bapere et ses environs. Elle insiste aussi sur la nécessité de traduire les responsables en justice, de renforcer la coopération sécuritaire et d’améliorer l’assistance humanitaire aux victimes. Enfin, Amnesty International appelle la communauté internationale à soutenir davantage les efforts de stabilisation dans l’est de la RDC.
Laetitia Vusara