Plus de 100 millions de dollars, destinés à la réparation et à l’indemnisation des victimes de la guerre de six jours de Kisangani, ont disparu. Le procès, repris le mardi 5 mai 2026 à Kinshasa, met en cause l’ancien ministre de la Justice ainsi que des responsables du FRIVAO. Interpellé au Sénat, l’actuel ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a dénoncé un scandale financier autour de ces fonds.
Le procès se poursuit devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, est cité dans ce dossier portant sur la disparition de plusieurs millions de dollars destinés aux victimes de la guerre de six jours de Kisangani. Attendu à l’audience de mardi 5 mai 2026, il ne s’est toutefois pas présenté pour des raisons de santé. Cette affaire a conduit à l’interpellation de Guillaume Ngefa au Sénat, qui affirme que sur les 195 millions de dollars disponibles, seuls 28 millions ont véritablement atteint leurs bénéficiaires.
«Il est insoutenable de relever que sur un montant disponible de 195 millions de dollars, seuls 28 millions ont effectivement atteint les vraies victimes, sans compter les fausses victimes et les victimes fictives, ainsi que les opérations de rétrocommissions», a-t-il dénoncé.
Le ministre de la Justice déplore que ces fonds, censés soulager les victimes, aient été détournés de leur finalité. Selon lui, le FRIVAO, chargé de l’indemnisation et de la réparation des victimes, fait face à plusieurs dysfonctionnements majeurs, parmi lesquels des détournements, la politisation du processus et l’inclusion de fausses victimes dans les bases de données.
« Plusieurs obstacles compromettent une reprise totale des activités du FRIVAO : détournement des fonds, politisation et instrumentalisation de la structure et du processus, dysfonctionnement et paralysie du FRIVAO, pratiques de rétrocommissions, introduction de fausses victimes dans les bases, ainsi que corruption et conflits ouverts entre associations de victimes », a-t-il ajouté.
La prochaine audience est fixée au 19 mai. Sont attendus à la barre les directeurs généraux de la Rawbank et de la SNEL, le président du conseil d’administration du FRIVAO, ainsi que Constant Mutamba.
Sam KD.