Les étudiants de Goma et de Bukavu contestent la décision du gouvernement suspendant les activités académiques dans certaines institutions d’enseignement supérieur. Ils demandent l’annulation ou le rapport de cette mesure, qu’ils qualifient de « suicidaire ».
Dans les villes de Goma et de Bukavu, les étudiants demandent au gouvernement de lever la mesure portant suspension des activités académiques dans certaines institutions d’enseignement supérieur. Pour faire entendre leur voix, ils ont notamment manifesté devant la MONUSCO à Goma.
Dans leur mémorandum, les représentants des étudiants estiment que cette suspension compromet leur formation et leurs perspectives d’avenir. Ils affirment également n’être impliqués « ni de près ni de loin » dans la crise sécuritaire qui affecte les zones sous contrôle de l’AFC/M23.
Les étudiants craignent surtout que la prolongation de l’interruption des activités universitaires laisse de nombreux jeunes sans occupation et les expose davantage à la précarité ou aux groupes armés.
« Les étudiants, qui ne sont ni responsables des différents conflits politiques ou militaires, ni parties aux confrontations entre les différents acteurs, ne devraient pas être privés de leur formation, en raison des circonstances qui échappent à leur responsabilité. Les étudiants régulièrement inscrits dans les institutions concernées ont droit à la continuité de leur parcours académique et ne devraient pas voir leurs études interrompues pour des raisons étrangères à leur responsabilité », déplorent les étudiants.
Face à cette situation, ils demandent au gouvernement d’annuler ou de rapporter la décision de suspension et de prendre les dispositions nécessaires pour permettre une reprise effective et régulière des activités académiques.
Les étudiants estiment également qu’il est nécessaire de trouver des solutions permettant de préserver la continuité de la formation universitaire et de limiter les conséquences de cette suspension sur leur parcours et leur avenir.
« Une telle décision risque de pousser de nombreux jeunes désœuvrés vers la précarité, voire les groupes armés, aggravant ainsi la crise sécuritaire que l’État cherche à combattre. Au gouvernement congolais de rapporter ou d’annuler la décision portant suspension des activités académiques dans les établissements publics et de permettre leur reprise rapide », ont-ils plaidé.
Parallèlement, écrit Radio Okapi, un autre collectif d’intellectuels et d’étudiants de Goma et de Bukavu a lancé une pétition demandant à l’AFC/M23 d’annuler les nominations effectuées dans les universités publiques situées dans les zones sous son contrôle.
Pour rappel, le gouvernement congolais avait suspendu, le 20 août 2026, les activités académiques et para-académiques pour l’année 2026-2027 dans onze établissements publics de Goma et de Bukavu, sous occupation de l’AFC/M23.
Jean-Claude Mbafumoja