Le personnel soignant affecté au Centre de traitement Ebola (CTE) de l’Hôpital général de référence d’Oïcha dénonce ses conditions de travail et de prise en charge des malades. Dans un mémorandum rendu public ce mercredi 4 novembre 2026, ces agents disent se sentir abandonnés par les autorités depuis quatre mois. Ils leur accordent un ultimatum de 48 heures pour trouver des solutions à leurs revendications.
Dans leur déclaration, les agents de la riposte contre la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, déplorent notamment les conditions dans lesquelles les patients suspects et confirmés sont pris en charge. Ils dénoncent le silence des autorités face aux difficultés rencontrées au sein du CTE.
« Nous travaillons dans des structures non normées, ne permettant pas aux malades d’être pris en charge dans des conditions humaines. Nous faisons face au manque d’équipements et de matériel de prise en charge médicale, à l’absence de kits d’hospitalisation pour les malades admis au CTE, ainsi qu’au manque de kits de sortie », déplorent-ils.
À ces difficultés s’ajoute le non-paiement des primes du personnel. Les agents affirment qu’aucun membre des différentes équipes, tous piliers confondus, n’a reçu sa prime de prestation depuis quatre mois. Une situation qui, selon eux, accentue la démotivation du personnel déjà confronté à des conditions de travail difficiles et à des risques liés à son exposition à la maladie.
« À cela s’ajoute l’épineuse question de la motivation du personnel affecté dans ces lieux à haut risque. Cela fait maintenant quatre mois qu’aucun agent, tous piliers confondus, n’a reçu sa prime de prestation. Cette situation accentue davantage la démotivation du personnel, déjà confronté à des conditions insupportables et inhumaines », dénoncent les agents de santé.
Les signataires du mémorandum craignent également les conséquences de cette situation sur la population et sur les agents eux-mêmes. Ils estiment que l’absence de solutions aux problèmes soulevés expose davantage les malades et le personnel du centre.
Face à cette situation, ils demandent aux autorités compétentes de prendre leurs responsabilités et de trouver des solutions durables. Ils leur accordent un délai de 48 heures. « Eu égard à ce qui précède, nous estimons qu’il est grand temps que les décideurs prennent leurs responsabilités en main. C’est pourquoi, dans le souci d’interpeller les autorités afin qu’elles trouvent des solutions durables aux défis précités, nous leur accordons un ultimatum de 48 heures. Dépassé ce délai, nous, agents affectés au CTE d’Oïcha, promettons de passer à une action encore gardée dans le secret », préviennent-ils dans leur mémorandum.
Les agents réclament enfin une prise en charge digne des malades et le paiement de leurs primes de prestation. « Trop, c’est trop ! La population de la zone de santé d’Oïcha a droit à la vie et non à la discrimination dans la prise en charge. Le personnel, tous piliers confondus, affecté au CTE doit être traité avec dignité et voir ses prestations motivées par le paiement d’une prime », insistent-ils.
Cette déclaration intervient alors que la zone de santé d’Oïcha fait face à une hausse rapide des cas positifs de la maladie à virus Ebola. Ce mercredi 4 novembre 2026, la situation épidémiologique faisait état de 110 cas confirmés, dont plus de 40 actifs au CTE.
Nganga Victor