L’opposition congolaise, réunie au sein de la Coalition de l’opposition pour la défense de la Constitution (C64), accuse le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila de vouloir perpétrer des coups d’État constitutionnels. Son leader, Martin Fayulu, s’est exprimé à ce sujet le mardi 3 novembre 2026. Il accuse les deux personnalités de violer la Constitution et appelle à la protéger.
Dans un entretien accordé à Radio France internationale (RFI), l’opposant affirme que Félix Tshisekedi et Joseph Kabila cherchent respectivement à accéder au pouvoir ou à s’y maintenir en violation de la loi fondamentale. Il estime que leurs actes tombent sous le coup de l’article 64 de la Constitution, qui prévoit le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions constitutionnelles.
« Nous condamnons tout le monde. Nous condamnons M. Kabila et M. Tshisekedi parce que les deux sont des gens qui veulent faire des coups d’État contre notre Constitution. L’un veut prendre le pouvoir par la force, l’exercer en violation de la Constitution et changer cette Constitution. M. Kabila et M. Tshisekedi tombent sous le coup de l’article 64. Et nous sommes bien la coalition « Article 64 », ce qui veut dire quoi ? Nous sommes là pour protéger la Constitution de la République », déclare Martin Fayulu.
Sur la question du dialogue national, le président de l’ECiDé rejette le cadre proposé par Félix Tshisekedi. Il plaide plutôt pour une médiation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et de l’Union africaine. La C64 souhaite que ces acteurs accompagnent un dialogue inclusif entre les parties prenantes à la crise.
Martin Fayulu affirme que cette démarche doit notamment permettre de rappeler au président actuel et à son prédécesseur leur obligation de respecter la Constitution et de préserver l’intégrité territoriale du pays.
« Nous, nous disons que les médiateurs sont connus : la CENCO et l’ECC. Nous avons rappelé l’Union africaine et nous avons dit que nous voulons, en tant que partie prenante, dire à ces deux messieurs : « Arrêtez avec vos coups d’État ». C’est tout. La primauté de notre combat, c’est le respect de la Constitution, c’est l’intégrité territoriale du Congo. Tout doit être fait dans ce sens-là, parce que nous ne pouvons pas accepter que le Rwanda, demain, s’accapare une partie de notre pays, car le pays est déjà balkanisé », soutient-il.
L’opposant accuse également la communauté internationale de faire preuve de complaisance envers les dirigeants congolais et le président rwandais Paul Kagame. Il reproche notamment aux pays occidentaux de ne pas avoir réagi aux violations des règles démocratiques qu’il attribue à Félix Tshisekedi et à Joseph Kabila lors du processus électoral de 2018. Selon lui, cette attitude a contribué à la crise actuelle.
« Ils sont complaisants à l’égard de tout le monde, parce que M. Kagame ne respecte pas la résolution 2773, M. Tshisekedi ne respecte pas la Constitution de la République, M. Kabila vient de violer la Constitution. C’est à cause de M. Kabila et de M. Tshisekedi que nous sommes dans cet état, parce que quand ils ont usurpé le pouvoir en 2018-2019… Ça, les Occidentaux devaient dire : « Non, on ne vous reconnaît pas ». Si on n’avait pas reconnu le régime, le pouvoir de Tshisekedi qui lui a été donné par M. Kabila, on ne serait pas là. Si nous sommes là aujourd’hui, c’est à cause de M. Kabila et à cause de M. Tshisekedi », accuse-t-il.
La C64 prévoit par ailleurs de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila afin de rechercher une issue politique à la crise que traverse la République démocratique du Congo.
Sam Kitha D.