Guerre du FRN/M23 : le gouvernement met en garde la C64 contre son projet de rencontre avec Joseph Kabila à Goma

Le gouvernement congolais met en garde la Coalition de l’opposition pour la défense de la Constitution (C64) contre son projet de déplacement à Goma pour rencontrer l’ancien président Joseph Kabila. Le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, estime qu’une telle initiative, sans l’accord du gouvernement, expose les responsables de cette coalition à des poursuites judiciaires. Il s’est exprimé à ce sujet le mercredi 4 novembre 2026.

Lors d’un entretien avec le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le ministre de l’Intérieur a rappelé que Goma est une ville sous occupation rebelle. Il estime qu’en période de guerre, aucun responsable politique ne peut prendre contact avec les représentants d’une puissance ennemie dans un territoire occupé sans l’autorisation des autorités nationales.

« Lorsque des responsables de partis politiques congolais prennent unilatéralement de telles initiatives, c’est-à-dire aller dans les territoires occupés par une armée étrangère pour prendre des contacts, lorsque vous faites la lecture de l’article 192 du Code pénal, vous allez clairement constater que… Personne ne peut se permettre d’aller prendre contact ou de faire mouvement vers des territoires occupés par une armée étrangère sans avoir l’accord et l’accompagnement du gouvernement. Sinon, ils tombent sous le coup d’infractions pénales poursuivables », a-t-il déclaré.

Jacquemin Shabani rappelle également que la loi sur le fonctionnement des partis politiques impose des obligations à leurs responsables. Il affirme que les autorités vont documenter les faits et gestes des acteurs politiques concernés. Selon lui, ceux qui prendraient une telle initiative s’exposent à des poursuites judiciaires prévues par le Code pénal.

« Je tiens à signaler à tous les responsables des partis politiques que nous avons une loi qui régit les partis politiques. Des faits et gestes comme cela tombent dans les infractions du Code pénal, seront bien documentés et les sanctions vont suivre. L’ancien président est allé aussi de la même manière à Goma, prétextant qu’il était allé discuter avec les rebelles et nos populations. Et aujourd’hui, il a révélé la vérité comme quoi il était le réel patron des supplétifs de l’armée rwandaise », insiste le ministre.

Cette mise en garde intervient après l’annonce de Moïse Katumbi au sujet de cette démarche. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, le président d’Ensemble pour la République a affirmé que la C64 comptait rencontrer Félix Tshisekedi à Kinshasa, avant de se rendre à Goma pour échanger avec Joseph Kabila.

Moïse Katumbi a assuré que cette initiative se ferait publiquement, « au vu et au su de tous ».

Sam Kitha D.

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