La souche de l’épidémie de la maladie à virus Ebola détectée en Ituri ne dispose pas encore de médicament ni de vaccin. C’est ce qu’a affirmé vendredi 15 mai le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, Africa CDC. Il précise qu’une mobilisation régionale a déjà été lancée pour riposter contre cette nouvelle souche d’Ebola. Pour y parvenir, l’organisation africaine de santé mise sur une bonne coordination entre la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud.
Dans une interview accordée à Actualité.cd, le docteur Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, est revenu sur le risque élevé de propagation de cette épidémie dans les zones affectées ainsi que dans les pays voisins.
Selon lui, son organisation a déjà débloqué deux millions de dollars américains pour soutenir la riposte, en attendant d’autres financements estimés à 30 millions de dollars pour appuyer les pays concernés.
« J’ai décidé de débloquer 2 millions de dollars pour appuyer la réponse en attendant un appel de fonds de 30 millions que nous sommes en train de lancer pour soutenir les trois pays. Immédiatement, ces fonds vont aider à équiper les professionnels de santé avec des matériels de protection, faciliter l’acquisition de certains besoins urgents et renforcer la communication communautaire », a-t-il déclaré.
Le responsable de l’organisation africaine de santé a également exprimé son inquiétude face aux difficultés de la riposte. Selon lui, la souche d’Ebola détectée est nouvelle et ne dispose actuellement ni de traitement ni de vaccin homologué.
Il précise que les recherches se poursuivent afin d’identifier des candidats vaccins et médicaments adaptés. Au-delà de cette réalité scientifique, le docteur Jean Kaseya craint également que l’insécurité persistante en Ituri ne complique davantage la lutte contre l’épidémie.
« Nous sommes dans la recherche. Vous savez, cette souche n’a pas de médicament, n’a pas de vaccin. Donc nous accélérons la recherche des candidats vaccins et des candidats médicaments. Cela coûte cher, mais nous allons travailler et lancer un appel de fonds. Nous allons aussi demander aux gouvernements de la RDC et de l’Ouganda de contribuer. Comme nous n’avons ni vaccin ni médicament, la seule façon de combattre cette maladie, c’est une très bonne coordination basée sur les mesures de santé publique : le lavage des mains, les enterrements sécurisés et la protection du personnel de santé », a-t-il expliqué.
Pour rappel, l’épidémie d’Ebola a été déclarée en Ituri vendredi 15 mai par Africa CDC. L’organisation faisait déjà état de 13 cas confirmés aux côtés de plusieurs centaines de cas suspects. Le bilan humain reste également préoccupant avec des dizaines de décès déjà enregistrés dans les zones touchées.
Sam KD.