Le renforcement des troupes de l’AFC/M23 dans plusieurs localités du sud du territoire de Lubero provoque un climat de peur au sein de la population. Dans plusieurs villages, des habitants ont abandonné leurs domiciles par crainte d’une reprise des affrontements. La société civile, forces vives de Lubero, estime que cette situation risque de compromettre le processus de paix en cours et appelle au respect des engagements déjà conclus entre les parties belligérantes.
Dans un entretien téléphonique accordé à Radio Moto Oïcha ce samedi 11 juillet 2026, le président de cette structure citoyenne, Muhindo Tafuteni, a fait état de déplacements massifs de populations dans les agglomérations de Kitsombiro, Alimbongo, Bingi, Bulehusa et leurs environs. Selon lui, le renforcement des positions rebelles observé depuis le 27 juin a semé la panique dans ces localités où plusieurs familles tentaient progressivement de reprendre une vie normale.
« À Kitsombiro, Alimbongo, Bingi, Kaheku, Bulehusa et dans les villages environnants, les habitants commencent à craindre de nouveaux accrochages entre les belligérants. Nous, au niveau de la société civile, nous attendions un retrait suivi d’un cantonnement, comme prévu dans les accords. Mais nous avons été inquiets de voir ces troupes se renforcer davantage au lieu de reculer pour laisser la place à d’autres forces ou à une force neutre », a déclaré Muhindo Tafuteni.
La société civile affirme que la population attend avant tout le retour de la paix et non une nouvelle escalade militaire. Elle exhorte les autorités à faire respecter les accords déjà signés afin d’éviter une reprise des hostilités.
« Nous demandons aux autorités de respecter les accords déjà conclus. Si ces engagements sont respectés, la population pourra regagner ses villages en toute sécurité. Personne ne souhaite un retour à la guerre. Les habitants aspirent à la paix et veulent mettre fin aux bombardements et aux échanges de tirs qui entretiennent la peur et aggravent leurs souffrances. Nous espérons que la diplomatie prévaudra avant que les armes ne parlent de nouveau », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, la situation sécuritaire demeure préoccupante entre les territoires de Masisi et de Walikale, où des affrontements opposant les combattants de l’AFC/M23 aux groupes Wazalendo ont provoqué de nouveaux déplacements de populations dans plusieurs villages, notamment Kalembe, Kalonge, Kivuye et Mpati, depuis jeudi dernier.
Laetitia Vusara