ONU : la RDC accuse le M23 et l’armée rwandaise de graves violences contre les civils

La République démocratique du Congo a accusé le M23 et l’armée rwandaise de multiples violences contre les civils dans les zones occupées à l’Est du pays, lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations unies. Son représentant a affirmé que l’espérance de vie des jeunes y serait réduite à « 24 heures » et a appelé à une action urgente de la communauté internationale. Il a également réaffirmé la volonté du gouvernement de restaurer l’autorité de l’État dans les zones concernées.

Lors de son intervention du 26 mars, le diplomate congolais a dressé un tableau alarmant de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Il a dénoncé l’ampleur des violences et accusé le M23, appuyé par l’armée rwandaise, de cibler particulièrement les jeunes dans les territoires sous leur contrôle.

« À Goma et à Bukavu, et partout sur les territoires contrôlés par les forces rwandaises, l’espérance de vie des jeunes Congolais est passée de 24 heures. Un véritable génocide qui mérite d’être arrêté. Ces actes ne peuvent être relativisés. Ils ne constituent pas de simples incidents, mais de violations graves du droit international et une atteinte directe à l’autorité du Conseil de sécurité », a-t-il déclaré.

Face à cette situation, la RDC appelle les membres du Conseil de sécurité à agir rapidement pour mettre fin aux violences. Elle insiste notamment sur l’application de la résolution 2773, qui prévoit le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et la cessation des hostilités.

« Dans ce contexte, la République démocratique du Congo appelle à la mise en œuvre immédiate, intégrale et sans concession de la résolution 2773, notamment le retrait des forces de défense rwandaise du territoire congolais et la cessation immédiate des hostilités par le M23. Le respect des décisions du Conseil de sécurité ne saurait être optionnel », a poursuivi le représentant congolais.

Au-delà des démarches diplomatiques, le gouvernement congolais réaffirme son droit à restaurer pleinement son autorité sur l’ensemble du territoire national. Il met en avant la nécessité de démanteler les administrations parallèles et de garantir justice aux victimes des violences.

« La République démocratique du Congo réaffirme son droit légitime à restaurer pleinement son autorité sur l’ensemble de son territoire. Aucune solution durable ne pourra être envisagée sans le respect strict de son intégrité territoriale, le démantèlement des administrations parallèles et le rétablissement effectif de l’autorité de l’État. La position de mon gouvernement est claire : Il ne peut y avoir de paix sans respect de la souveraineté, il ne peut y avoir de processus crédible sans mise en œuvre des engagements et il ne peut y avoir de stabilité sans responsabilité », a-t-il insisté.

Sur le terrain, des mouvements de retrait des rebelles du M23 sont signalés dans les territoires de Lubero et Walikale. Toutefois, des combats se poursuivent sur d’autres lignes de front, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, traduisant une situation sécuritaire toujours instable dans l’Est du pays.

Sam Kitha D.

LA UNE