RDC : à l’ONU, Kinshasa alerte sur l’usage de l’IA, des drones et du numérique par les ADF

AG ONU. Ph. Tiers

Au Conseil de sécurité des Nations unies, la RDC a alerté sur l’utilisation de l’intelligence artificielle par les groupes terroristes et les enlèvements contre rançon. Kinshasa dénonce également les campagnes de recrutement en ligne menées par les rebelles de l’ADF dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Face à cette menace terroriste, le gouvernement congolais recommande un renforcement des capacités des États pour combattre le terrorisme dans le respect du droit international.

Intervenant devant le Conseil de sécurité des Nations unies, la représentante permanente adjointe de la RDC, Jocelyne Kabengele Lukundula, a décrit une menace qui n’est plus seulement militaire, mais aussi numérique et financière.

Elle a dénoncé la persistance des attaques des Forces démocratiques alliées (ADF) contre les civils, tout en soulignant que ces groupes recourent désormais à l’intelligence artificielle, aux drones, aux plateformes numériques et aux communications chiffrées pour organiser leurs opérations, diffuser leur propagande et recruter en ligne.

La diplomate congolaise a également mis en avant la multiplication des enlèvements contre rançon, devenus une source importante de financement pour ces terroristes.

« Nous demeurons particulièrement préoccupés par le recours croissant aux actifs virtuels, au système informel de transfert de fonds, aux enlèvements contre rançon, ainsi que par les liens toujours plus étroits entre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. En République démocratique du Congo, les groupes terroristes exploitent également les trafics illicites, notamment l’exploitation illégale des ressources naturelles pour financer leurs activités. L’évolution technologique accentue également la complexité de cette menace. L’intelligence artificielle, les drones, les communications chiffrées et les plateformes numériques sont désormais détournés à des fins de recrutement, de propagande, de financement et de planification opérationnelle », a-t-elle déclaré.

Kinshasa a salué les initiatives des différents organismes internationaux qui aident les États membres à adapter leurs capacités face à ces nouvelles formes de menace.

La représentante congolaise a toutefois insisté sur la nécessité de mener ces efforts dans le respect strict de la Charte des Nations unies et du droit international.

« Nous saluons les efforts déployés par le Bureau des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme, la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, le Groupe d’action financière, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, ainsi que les organisations régionales. Ces efforts sont fournis pour renforcer les capacités des États en matière de lutte contre les flux financiers illicites, de contrôle des frontières et de coopération opérationnelle. À cet effet, nous soutenons les efforts des Nations unies visant à renforcer la résilience des communautés, à promouvoir l’engagement des jeunes, à favoriser la réhabilitation et la réintégration des personnes désengagées des groupes terroristes et à lutter contre les discours extrémistes en ligne comme hors ligne », a-t-elle lancé.

Cette prise de position de la RDC intervient alors que les attaques attribuées aux rebelles de l’ADF, affiliés à l’État islamique depuis 2017, se poursuivent dans l’est de la RDC, malgré les opérations militaires menées par les forces congolaises avec l’appui de l’Ouganda dans le cadre de l’opération Shujaa. Le groupe a notamment été accusé de plusieurs attaques meurtrières récentes dans les territoires de Beni, Mambasa et Irumu, faisant des dizaines de victimes civiles et des villages incendiés.

Laetitia Vusara

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