RDC : Denis Mukwege dresse un bilan sévère de la gouvernance de Félix Tshisekedi et appelle à préserver la Constitution

Le gynécologue Congolais Denis Mukwege, à Paris, le 13 décembre 2022. © Jeune Afrique

Le prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, a dressé un bilan sévère de la gouvernance de la République démocratique du Congo depuis l’arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi en 2019. Dans une lettre ouverte publiée le mardi 30 juin 2026, à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du pays, il dénonce la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, la gestion de l’état de siège, les choix diplomatiques du gouvernement, la réforme du secteur de la sécurité ainsi que les questions liées à la souveraineté nationale. Il appelle également le chef de l’État à préserver l’unité du pays et à renoncer à toute révision de la Constitution.

Dans cette lettre rendue publique sur son compte X, Denis Mukwege affirme qu’il n’y a « rien à célébrer » en ce jour anniversaire de l’indépendance. Selon lui, la République démocratique du Congo traverse une crise profonde, caractérisée par l’insécurité, les souffrances des populations et les menaces qui pèsent sur l’intégrité du territoire national.

Le gynécologue congolais revient sur plusieurs décisions prises depuis 2019. Il critique notamment la gestion de l’état de siège, la politique sécuritaire menée dans l’Est du pays ainsi que certaines orientations diplomatiques engagées avec des partenaires régionaux et internationaux.

Denis Mukwege déplore également l’absence d’avancées significatives dans la lutte contre l’impunité. Il regrette que les recommandations relatives à la justice transitionnelle et à la création d’un tribunal chargé de juger les crimes graves commis en RDC n’aient toujours pas été mises en œuvre.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023 s’inquiète par ailleurs des risques qui, selon lui, pèsent sur la souveraineté nationale. Il appelle le président Félix Tshisekedi à privilégier la restauration de la paix, la protection des civils, le renforcement de l’État de droit et l’amélioration de la gouvernance.

Denis Mukwege exhorte le chef de l’État à renoncer à tout projet de révision de la Constitution et à saisir, selon ses propres termes, « cette dernière chance » pour remettre la République démocratique du Congo sur la voie d’une sortie durable de la crise.

Wynie Lusenge

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