RDC : l’opposition maintient sa marche du 8 juillet, le gouvernement dénonce une « haute trahison »

L'opposant Fayulu et et ses lieutenants lors de la manifestation du 12 juin à Kinshasa. Ph. Tiers.

L’opposition congolaise annonce une nouvelle manifestation le 8 juillet 2026 sur toute l’étendue du territoire national pour s’opposer à tout projet de révision de la Constitution. Une initiative vivement critiquée par le gouvernement, qui la qualifie de « haute trahison » et dénonce également une violation des mesures liées à la riposte contre la maladie à virus Ebola.

Cette annonce intervient deux semaines après la répression d’un sit-in de l’opposition à Kinshasa, qui avait fait au moins deux morts et plusieurs blessés. Au Nord-Kivu, les fédérations des partis politiques de l’opposition se joignent à cette mobilisation. Constituées notamment du LGD, d’Ensemble pour la République, de l’ECiDé, d’Envol, de l’ADD Congo et de l’ACH, elles appellent la population à participer massivement à la marche.

« Nous lançons un appel à toute la population afin qu’elle se mobilise et s’approprie cette activité. Votre présence est nécessaire, car aucune cause d’intérêt général ne peut aboutir sans l’implication des citoyens. L’objectif de cette manifestation est de répondre aux provocations du pouvoir en place qui, alors que l’Est du pays est gangrené par la crise sécuritaire, privilégie une question inopportune pour le moment : le changement de notre Constitution », déclarent les organisateurs.

Les initiateurs de la manifestation demandent aux autorités d’assurer la sécurité des manifestants. Ils estiment que le débat sur la révision constitutionnelle est inopportun dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays.

« Peuple congolais, nous devons dire non aux provocations du pouvoir en place. Pour le moment, l’urgence n’est pas le changement de la Constitution, mais la fin de la guerre dans l’Est du pays. Rendez-vous le 8 juillet pour ce grand rendez-vous de l’histoire », ajoutent-ils.

De son côté, le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, condamne fermement cette initiative. Il estime que cette manifestation sert les intérêts du Rwanda et constitue un acte de trahison, tout en rappelant l’interdiction des rassemblements publics dans le cadre des mesures de riposte contre Ebola.

« Qui est le premier bénéficiaire de l’action qu’ils mènent ? N’est-ce pas le commandant de l’armée rwandaise ? Vous ne pouvez pas faire l’apologie de la trahison, de la complicité et de l’accompagnement d’une armée étrangère qui veut occuper la RDC et s’en prendre au commandant suprême », a-t-il déclaré.

En ville de Beni, les organisateurs prévoient que la marche parte du rond-point ENRA pour chuter à la mairie, où un mémorandum sera lu puis remis aux autorités.

Jean-Claude Mbafumoja

LA UNE