La République démocratique du Congo lance la vaccination contre la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, alors que l’épidémie a déjà fait 2 786 morts dans le pays. La campagne a été officiellement lancée jeudi 27 août 2026 à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel-Roger Kamba.
Cette campagne intervient après la réception de plus de 50 000 doses du vaccin Ervebo, sur les 70 000 doses allouées à la RDC. Les prestataires de santé et les autres personnels de première ligne, considérés comme particulièrement exposés au virus, figurent parmi les premières personnes ciblées.
Le ministre de la Santé appelle notamment les agents de santé à accepter la vaccination afin de renforcer leur protection face à l’épidémie. Le dispositif vaccinal doit couvrir 14 zones de santé réparties entre la Tshopo, le Bas-Uélé et le Haut-Uélé, trois provinces concernées par la réponse à l’épidémie.
Selon Samuel-Roger Kamba, cette campagne présente également un intérêt scientifique et sanitaire. Elle doit permettre de recueillir des données sur l’efficacité du vaccin Ervebo contre la souche Bundibugyo. Une précision importante accompagne toutefois cette campagne : Ervebo est homologué contre le virus Ebola Zaïre, mais son efficacité contre la souche Bundibugyo n’est pas encore établie chez l’être humain. Son utilisation actuelle s’inscrit donc notamment dans une démarche visant à évaluer sa capacité à protéger contre cette souche responsable de l’épidémie actuelle.
La situation épidémiologique demeure préoccupante. Au 26 août 2026, la RDC comptait 5 794 cas confirmés, dont 2 786 décès et 1 293 guérisons. L’épidémie touche désormais 60 zones de santé dans six provinces du pays, ce qui renforce la nécessité d’une réponse sanitaire coordonnée et d’une implication accrue des communautés.
À Kisangani, le lancement de la vaccination constitue ainsi une nouvelle étape dans la riposte. Les autorités sanitaires misent notamment sur la protection des personnels les plus exposés et sur la collecte de données permettant de mieux déterminer l’efficacité du vaccin face à la souche Bundibugyo. Le gouvernement appelle par ailleurs les populations à collaborer avec les équipes de riposte et à respecter les mesures de prévention afin de contribuer à interrompre la chaîne de transmission.
Wynie Lusenge