Le président rwandais Paul Kagame a affirmé que le M23 n’est pas un mouvement rwandais, mais bien congolais, désormais désigné sous l’appellation AFC/M23 et associé à l’ancien président Joseph Kabila. Cette déclaration a été faite lors d’une interview accordée au média Jeune Afrique, le vendredi 3 avril 2026.
Dans cet entretien, Paul Kagame s’est montré ferme sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, appelant Kinshasa, Washington et la communauté internationale à assumer leurs responsabilités. Selon lui, Joseph Kabila entretiendrait des liens avec la rébellion du 23 mars, rejetant ainsi les accusations pointant l’implication de Kigali.
Le chef de l’État rwandais affirme également ne pas s’opposer à ce que Joseph Kabila puisse transiter par le Rwanda pour rejoindre Goma, une ville actuellement sous occupation rebelle. Il soutient par ailleurs que son pays ne peut empêcher les personnes souhaitant se rendre dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tout en assurant que Kigali documente tous les mouvements sur son territoire.
Réagissant aux sanctions américaines, Paul Kagame les qualifie d’injustes et d’insultes, accusant les États-Unis d’exercer une pression déséquilibrée. Il appelle Washington à adopter une approche plus équitable, dénonçant ce qu’il considère comme une indulgence envers Kinshasa, qu’il accuse de collaborer avec les FDLR.
Le président rwandais exclut tout retrait de ses troupes de la RDC, estimant qu’il s’agit d’une mesure défensive. Il prévient que le Rwanda maintiendra cette position tant que la communauté internationale ne contraindra pas Kinshasa à, selon lui, assumer ses responsabilités.
Wynie Lusenge