Beni – Attaque des ADF, incendies de commerces : un économiste déplore une crise économique qui s’installe et s’interroge sur le rôle des députés

Dans un entretien avec Radio Moto Oicha, le Chef des travaux et économiste de formation, Paluku Mulengya Morton évoque une perte massive de capitaux, à la base de la crise économique actuelle.

La recrudescence des attaques rebelles des ADF dans les territoires de Beni, d’Irumu et leurs environs plonge de nouveau la région de Beni dans une grave crise économique. Les tueries de civils, les incendies, les pillages de biens ainsi que la destruction de maisons de commerce ont profondément déséquilibré l’économie locale, déjà fragilisée. À cette insécurité persistante s’ajoute la chute du prix du cacao sur le marché, une situation qui affecte durement les cultivateurs et les acheteurs. Pour plusieurs observateurs, ces facteurs combinés accentuent la précarité des ménages.

« Des vies humaines ont été perdues. De plus, le prix du cacao a terriblement chuté, ce qui a diminué le pouvoir d’achat dans cette zone. Quand les gens essaient de se débrouiller, on les chasse de leurs champs, on tue, on brûle les maisons et les biens, on pille. Les haricots ne sont pas récoltés et la vie devient de plus en plus menacée », explique-t-il.

Selon cet économiste, l’impact de cette situation se fait sentir directement sur le panier de la ménagère, avec une forte baisse du pouvoir d’achat dans plusieurs localités.

« À Beu-Manyama, Samboko-Tsanitsani, Mamove jusqu’à Mungamba, la vie semblait reprendre, mais elle se complique davantage. J’étais récemment au marché où une femme hésitait à acheter un poisson à 4 000 francs congolais, alors qu’en novembre dernier, elle pouvait en acheter à 20 000 francs sans hésiter », témoigne-t-il.

Malgré ce contexte sécuritaire et économique difficile, Paluku Mulengya Morton appelle les entrepreneurs à ne pas baisser les bras. Il invite également la population à interpeller ses élus afin qu’ils s’impliquent davantage.

« Il n’y a pas de miracle. Il faut continuer à travailler, même dans ce mauvais environnement. Si c’est avec 10 000 francs congolais, qu’ils essaient de poursuivre leurs activités. La population doit aussi faire pression sur ses élus. Nous en avons huit pour le territoire, mais aucun n’est visible sur le terrain dans ce contexte », déplore-t-il.

Pour rappel, la dernière attaque attribuée aux rebelles ADF a été enregistrée le dimanche matin au village de Mamove. Plus de 70 maisons, dont plus de 60 commerces, y ont été incendiées, aggravant davantage la détresse économique des habitants.

Nganga Victor

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