Ebola à Oicha : le coordonnateur zonal de la riposte alerte sur les dangers de l’automédication

Le Dr Essaïe Nzala annonce, ce 26 mai 2026, le premier cas positif de la maladie à virus Ebola dans la zone de santé d'Oicha. Photo : Samy Kitha / Radio Moto Oicha.

Le coordonnateur de la riposte contre Ebola dans la zone de santé d’Oïcha appelle la population à éviter toute forme d’automédication face à la maladie. Cet appel intervient dans un contexte marqué par une faible fréquentation des structures sanitaires et plusieurs décès communautaires liés à Ebola. Il invite les habitants à consulter rapidement dès l’apparition des premiers symptômes.

Dans une interview accordée lundi 26 octobre à la Radio Moto Oïcha, le docteur Kasereka Nzala Esaïe a déploré la faible fréquentation des structures sanitaires par les personnes présentant des symptômes suspects depuis la déclaration de l’épidémie dans la zone.

Selon lui, certains malades préfèrent d’abord prendre des médicaments à domicile, sans avis médical, au risque d’aggraver leur état et de contaminer leur entourage.

« Actuellement, on observe une baisse de fréquentation dans nos structures, alors que nous sommes en période d’épidémie. Suite à la résistance, la communauté ne veut plus venir se faire consulter dans les différentes structures et établissements de soins de santé, de peur d’être dépistée pour la maladie à virus Ebola. Elle pense qu’il est temps de recourir à l’automédication pour échapper au contrôle des équipes de la riposte. Malheureusement, cela se fait à leur défaveur », a déclaré le docteur Kasereka Nzala Esaïe.

Le coordonnateur zonal souligne que l’automédication expose les malades au surdosage et à d’autres conséquences. Il appelle les habitants d’Oïcha et de ses environs à se présenter rapidement dans les structures sanitaires en cas de fièvre, de saignements, de vomissements, de diarrhée ou de fatigue intense.

Il rappelle que la prise en charge précoce augmente les chances de survie et contribue à limiter la propagation du virus dans la communauté.

« La première conséquence, c’est qu’on observe actuellement des taux de mortalité dans la communauté, parce que les gens recourent à l’automédication sans consulter des experts de la santé pour faire dépister la maladie et la soigner convenablement. Ce n’est pas n’importe quel médicament qu’on doit prendre. Il y a des médicaments qui sont contre-indiqués selon l’état du malade, et il y a également des interactions entre certains médicaments », a-t-il expliqué.

Le docteur Kasereka Nzala Esaïe appelle également les pharmaciens, les tradipraticiens et les pasteurs à accompagner les activités de la riposte afin de protéger la population contre les dangers de l’épidémie.

Le récent bulletin épidémiologique de la zone de santé d’Oïcha fait état de 82 cas confirmés d’Ebola et de plus d’une dizaine de cas suspects en attente des résultats de laboratoire.

L. Vusara

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