Le président de la République, Félix Tshisekedi, minimise la menace que représente le mouvement politico-militaire Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par Joseph Kabila. Il s’est exprimé à ce sujet le week-end dernier devant les députés nationaux et les sénateurs de l’Union sacrée de la Nation. Le chef de l’État a qualifié son prédécesseur de « grand peureux » et estime que le M23 et ses alliés sont en difficulté sur le terrain. Il a également vanté les capacités de l’armée, à laquelle il dit faire confiance, tout en appelant les élus à mobiliser la population et à rester vigilants face aux risques sécuritaires.
Devant les députés et sénateurs de l’Union sacrée, Félix Tshisekedi a présenté la création du Front pour la refondation de la nation comme le signe d’un camp adverse en difficulté. Le chef de l’État estime que Joseph Kabila a été poussé à prendre la tête de ce mouvement dans le but, selon lui, de dédouaner le Rwanda de son agression et de « congoliser » la crise.
Il minimise cette évolution, qu’il qualifie de comédie. Pour lui, la présence de Joseph Kabila aux côtés du M23 ne changera rien sur le terrain.
« Les développements que vous avez vus, que vous voyez là maintenant, ne doivent pas vous effrayer. Il n’y a rien qui a changé ou qui s’est renforcé de l’autre côté (Ndlr : M23/FRN) parce qu’ils ont fait ces comédies que vous avez vues. Au contraire, c’est la manifestation justement d’un camp qui est aux abois. C’est tout simplement comme je vous l’ai dit, parce qu’ils étaient en panne de solutions qu’ils ont dû maintenant pousser mon prédécesseur à aller au charbon. Je le connais quand même pour le peu que je l’ai expérimenté. Je sais que c’est un grand peureux. En ce moment, il doit sûrement être en train de se poser la question de savoir s’il a vraiment pris la bonne option », a déclaré Félix Tshisekedi.
Malgré cette assurance, le président de la République appelle les élus de sa famille politique à ne pas baisser la garde. Il leur demande de sensibiliser leurs électeurs et de les mobiliser face à la situation sécuritaire. Selon lui, les difficultés rencontrées par l’adversaire peuvent aussi l’amener à poser des actes désespérés.
« Vous êtes des élus, vous avez des circonscriptions, vous avez l’obligation de mobiliser nos compatriotes. Parce que la nation est en danger. C’est vrai que l’ennemi est en difficulté, mais c’est justement lorsque l’ennemi est en difficulté que la vigilance doit être tout azimut. Et étant dos au mur, ils vont devoir maintenant poser des actes de désespoir », a-t-il déclaré.
Sur le plan militaire, Félix Tshisekedi dit faire confiance aux Forces armées congolaises (FARDC), qui, selon lui, renforcent progressivement leurs capacités. Il reconnaît néanmoins les difficultés liées à la présence d’infiltrés et de traîtres au sein de l’armée.
« Militairement, moi je fais confiance en notre armée, même si nous avons eu beaucoup de difficultés avec les infiltrés et les traîtres. Je ne dis pas que nous les avons tous éradiqués, mais aujourd’hui nous avons réussi à leur infliger la peur. Et nous continuons toujours à travailler à la montée en puissance de notre armée. Les capacités qu’elle a aujourd’hui ne sont pas celles qu’elle avait hier », a affirmé le chef de l’État.
Cette réaction intervient plus de deux semaines après l’annonce, à Goma, de la création du Front pour la refondation de la nation, placé sous la direction de Joseph Kabila. Le mouvement réunit notamment des figures de l’Alliance fleuve Congo (AFC) et du M23.
Sam Kitha D.